Depuis une semaine, mon logiciel BitTorrent tourne à plein régime!

Et là, tout de suite, vous me dites que je suis un vilain pirate pas beau!
Surtout que je télécharge de la musique, moi qui n’en écoutais pratiquement jamais jusque là. Bref, je vois déjà Pascal Nègre débarquer chez moi avec une bande de rugbymen teigneux pour me rosser avant de me livrer pieds et poings liés à la vindicte de la maréchaussée, laquelle, rappelons-le, n’a de cesse de mettre un terme aux agissements de ceux qui mettent en péril la courbe de croissance des bénéfices des vendeurs de soupe en tubes!

Sauf que voilà, comme nombre des utilisateurs de logiciels libres, quand j’utilise des technologies de Peer-2-Peer, ce n’est pas pour ôter la brioche de la bouche de ceux qui exploitent le talent des autres pour en faire des produits, mais bien pour œuvrer dans le bon sens :

J’ai découvert Jamendo!

Il faut bien comprendre que quand une maison de disque bat la campagne médiatique autour du dernier médiocre remix d’un quelconque jeu TV, elle n’a guère le temps de se préoccuper de trouver de nouveaux talents. Les gestionnaires ont remplacé les directeurs artistiques et les démarches artistiques sont invitées à prendre la porte pour faire la place aux produits markétés aux petits oignons.
Et quand l’utilisateur final se rebiffe contre les marchands de soupe, ceux-ci se dépêchent de mettre la pression aux députés pour qu’ils pondent une loi qui n’arrange qu’eux[1], criminalisant le consommateur et instrumentalisant l’artiste.

Pendant ce temps, les jeunes talents rament pour éclore!

Creative CommonsD’où l’existence de Jamendo, qui propose de découvrir de jeunes artistes sous licence Creative Commons[2], ce qui signifie que l’on est libre d’écouter, de découvrir, de partager et même d’aider l’artiste, en lui payant sa musique et/ou en en favorisant la diffusion. Mieux encore, lorsque vous vous enregistrez sur le site Jamendo, le moteur du site affine une sélection d’albums en fonction de ceux que vous avez déjà écoutés et vous propose de les découvrir, de les noter et de les tagguer. Vous participez ainsi directement au processus de diffusion des artistes. Et vous êtes chaudement conviés à répercuter vos coups de cœur.

Entre les oreilles

Avant j'étais trappeurDonc j’ai bien aimé l’album loufoque et délicieusement parodique de David TMX, dont il faut apprécier la diversité de l’irréverrence musicale. Je l’ai donc téléchargé après une première écoute en ligne, découvrant l’outil Torrent livré par défaut avec Gnome, et je compte le réécouter sur CD, ou dans ma clé USB MP3 pour me faire un avis définitif.
Ce qui revient à reproduire cette oeuvre pour pouvoir l’adapter à mes pratiques d’écoute, chose rendue assez peu aisée pour la musique "commerciale". Je peux même vous inviter à en faire autant sans être coupable d’incitation à la débauche auditive. Et si le bouzin me plait, je suis libre de rétribuer directement l’artiste pour son travail, en sachant que mon argent ira directement dans sa poche et non dans celles d’une improbable chaîne de caïmans qui se taillent la part du lion et ne laissent que des miettes à l’artiste.
Bref, le principe me plait : faire appel à la responsabilité, à l’intelligence des gens, plutôt que d’agiter immédiatement la menace de représailles sévères, comme l’on gourmande un petit enfant pas bien fini!

Dans le même élan, je suis en train de tester Pièces, de Lonah et The Urban Tale, une sorte de play list de quelques artistes Jamendo réunis sous l’étiquette du Consortium des Artistes Libres.

Bref, je me remets à la musique et rien que pour ça, Jamendo mérite d’être découvert. En toute liberté!

Notes

[1] En langage moderne, on parle de lobbying

[2] D’ailleurs, il faudrait que je songe à passer ce blog sous licence Creative Commons…