J’aime décidément bien ce printemps du peuple.

Face à un pouvoir totalement arque-bouté sur des options purement idéologiques et des forces de l’ordre clairement appelées à faire du gourdin le premier des instruments de dialogue social de ce pays, je ne peux que souscrire à la réponse des étudiants et lycéens qui occupent chaque pouce carré de terrain politique.
La force n’est pas dans le bâton du CRSS, mais dans les bras tendus de nos gosses, dans leurs mines réjouies et déterminées, dans leur quête d’autre chose que la mauvaise soupe à la grimace que l’on prétend leur faire bouffer à toute force.

Des bisous et des calins!

N’y voyez pas un discours régressif, mais bien le prototype même de l’arme définitive anti-Sarko et consors! Matraquer un manifestant, déjà, c’est moche. Mais latter un Bisounours, ça peut vous couler un gouvernement!

Des calins et des bisous!!

C’est la fin de la rigueur, du discours du real politic. Tout bien regardé, c’est encore plus balèze que le power flower.

Ce n’est pas la rue qui gouverne!

Au-delà du CPE, le soucis serait peut-être que la démocratie représentative n’est peut-être plus adaptée actuellement. Les citoyens de ce pays sont largement demandeurs d’une forme plus participative, d’être plus impliqués dans les processus décisionnels. Ceci n’a rien d’un gros mot : nous sommes mieux éduqués, nous avons à notre disposition de multiples moyens d’informations, alors pourquoi devrions-nous nous contenter de déléguer notre pouvoir souverain une fois de temps à autre et laisser les professionnels autoproclamés de la chose publique gérer et décider de ce qui constitue notre quotidien et notre avenir en dehors de tout débat, de tout regard et de tout contrôle?

La politique comme objet confisqué par une caste de professionnels qui se renouvellent fort peu et se marient entre eux ne me satisfait pas du tout et ne satisfait plus nombre de mes concitoyens, de droite comme de gauche. Alors, me dire que mon implication se limite à glisser un bulletin dans une urne de temps à autre me semble être une caricature de l’idée même de démocratie.
De la même manière, prétendre gouverner en obtenant un pseudo assentiment du peuple par voie de sondage me semble encore plus spécieux.

Nous sommes en quête d’une nouvelle forme de citoyenneté, une nouvelle conception de la chose publique et de l’exercice politique, nous sommes donc au cœur d’une crise institutionnelle majeure et renvoyer les citoyens chez eux en leur donnant rendez-vous dans un an me semble la pire des manières d’aborder le problème. En limitant l’action citoyenne au vote, on refuse de facto toute idée d’évolution et de changement politique. Normal, puisque cela signifierait aussi une redistribution des cartes fondamentalement différente et la perte des rentes de situation de ceux qui prétendent nous gouverner ou tout le moins, mieux savoir que nous ce qui est bon pour nos fesses!

Des bisous et des calins! Pleins!

Ça nous changera du mépris!