Comme certain le savent, le 15 février était un grand jour : je quittais définitivement le giron de mon opérateur de téléphonie mobile pour basculer chez Débitel, après près de 8 ans de bons et loyaux sévices!

Je pensais légitimement avoir payé ma dette à la société,

ne plus jamais avoir à entendre parler d’eux, sauf peut-être dans la rubrique des faits divers financiers. Or, hier, je reçois un courrier à entête de la boîte au nom de jus de fruit. Je me dis en l’ouvrant : les pôvres, je leur manque déjà, ils dépensent déjà du timbre pour tenter de me récupérer.
Que nenni, il s’agissait d’une facture de 90 € TTC pour rupture de contrat!
Sauf que cela fait des mois que j’attendais d’arriver en fin de période d’engagement pour pouvoir me tirer. Comme un taulard, j’ai compté les jours. Et me voilà avec le dernier coup de Jarnac de mes tauliers de la communication. Et re-sévices clients, toujours surfacturé, toujours à mes frais.

  • Je viens de recevoir une facture de 90€ TTC pour rupture de contrat, alors que mon dernier engagement chez vous est arrivé à expiration il y a plus d’un mois.
  • ha non, désolée, je regarde votre dossier, il vous restait 4 mois d’engagement.
  • N’importe quoi! Mon dernier acte d’engagement que je regrette encore, il va sans dire, a été de changer de mobile en décembre 2003, avec 24 mois d’engagement à la clé.
  • Je regarde. Non, vous avez pris un nouvel engagement en juillet 2005 pour 12 mois!
  • Impossible, à ce moment-là, je ne pensais déjà plus qu’à partir de chez vous et je comptais les mois avant de vous quitter. Jamais je n’en aurais repris pour 12 mois. Jamais. Plutôt me faire couper les deux pattes que de resigner chez vous.
  • Je vous passe le service compétent.

Et hop, encore plusieurs longues minutes de répondeur abrutissant, toujours à mes frais, bien sûr.

  • Bonjour Madame, je reprend votre dossier. Vous avez bien repris un engagement en juillet 2005, pour 12 mois.
  • Impossible, je voulais déjà partir de chez vous. Tout ce qui s’est passé en juillet, c’est que mon mari a résilié sa ligne chez vous.
  • A ce moment- là, vous avez demandé à changé de forfait.
  • Oui, c’est exact. J’ai demandé à avoir le forfait le moins cher.
  • C’était un forfait promotionnel, avec un engagement de 12 mois à la clé.
  • Arg! Si j’avais seulement soupçonné qu’il y avait un nouvel engagement à la clé, jamais je n’aurais changé de forfait, vu que je voulais déjà partir de chez vous!

Rappel des faits

Début 99, je me retrouve seule, en pleine nuit, sur une route de cambrousse, avec, dans le fossé, une bagnole qui joue à la tortue et dessous un gars qui appelle sa femme d’une voix pâteuse. C’est moi qui avait découvert l’accident en rentrant du boulot et je me retrouve dans une nuit noire à tenter d’arrêter des voitures sans me faire écraser pour trouver un téléphone et si possible, un médecin. Comme premier témoin, je me retrouve bloquée plusieurs heures sur place sans pouvoir prévenir monsieur Monolecte, fou d’inquiétude. Le lendemain, je vais chez un ami revendeur prendre un abonnement de téléphonie mobile. Je suis alors chez CMC et en cas de problème, je vais voir mon pote. Tout se passe bien.
Quelques temps plus tard, changement de politique des opérateurs : Itinéris rapatrie ses clients acquis chez des revendeurs. Fini le service aux petits oignons de Frédéric, bonjour Itinéris. Mais je n’ai pas de soucis. Bonne cliente, je paie tous les mois mon abonnement par prélèvement et je ne consomme que le tiers de mon forfait.

Itinéris change de nom pour prendre celui d’un fruit de couleur orange. Je téléphone peu et je paie beaucoup.
Juillet 2002, je suis enceinte et j’aimerais équiper monsieur Monolecte d’une balise Argos. Or, mon opérateur propose un forfait partage qui me permet de faire tourner 2 téléphones sur mon abonnement. C’est absolument parfait pour moi. Je n’ai pas de raison de me méfier, c’est la première fois que j’entre en contact avec le service clients de la boîte. Je note que j’en prend pour 24 mois de plus, mais je m’en fous, je n’ai aucune raison de vouloir partir.
Sauf que le deuxième téléphone, impossible de le mettre en service. On fait plein de tests avec le service clients. Rien à faire. Et à la fin du mois, je me rend compte sur ma facture France Télécom, que quand tu as un problème, c’est toi qui paie, et très cher, l’appel. Au final, j’apprends en me rendant sur les forums qu’il s’agit de la nouvelle carte SIM qui est défectueuse. J’en demande une autre. L’opérateur renâcle. Je continue à payer un service non rendu. Le ton monte. On finit par me balancer au service contentieux :

  • Je vois madame Monolecte que vous êtes déjà une mauvaise payeuse…
  • … Quoi!!!!!
  • Il y a des incidents de paiement ces 4 derniers mois, va falloir baisser d’un ton avec nous…

(Là, j’ai choppé pour la première fois ma voix de Jugnot qui couine!)

  • Vous vous foutez de moi! Je paie depuis des années en prélèvement automatique et mes comptes sont TOUJOURS approvisionnés. C’est quoi ce cinéma, c’est des menaces ou quoi? C’est quoi ces méthodes de mafiosi? J’exige le changement de la carte SIM défectueuse ou je vous balance à la DGCCRF pour pratiques commerciales douteuses!

Finalement, les gnous ont fini par remplacer la carte SIM pourrite et Ô miracle, le téléphone de monsieur Monolecte a tout de suite fonctionné.
Les mois ont passé, ma fille est née, j’ai continué à payer rubis sur l’ongle et je n’ai plus pensé à eux.

Et en décembre 2003, c’est le drame!

Je suis dans mon espace client sur Internet, et là, connement, je commande un nouveau mobile et j’en reprend pour 24 mois.

Juillet 2005

Monsieur Monolecte décide de passer chez Télé2 Mobiles. Sans engagement. Sans téléphone. On se rend compte à l’occasion qu’entre une offre avec et sans téléphone, il y a 5 € d’écart pendant 24 mois. Plutôt cher pour un téléphone offert! Surtout qu’à la fin de l’engagement, on continue à payer plein pot, avec les 5€ en prime. Moi, j’arrive en fin de droit de chômage. Je suis en pleine création de boîte. J’ai besoin d’un mobile, mais il me faut comprimer les coûts! Je voudrais bien me tirer chez Télé2, bien moins cher, mais je suis coincée jusqu’en décembre chez les autres. J’appelle donc le service clients pour demander un forfait moins cher. Grossière erreur!

Changez de forfait en toute liberté

Ça, c’est ce qui s’affiche sur le site des autres agrumes. Mais en tout petit, on te dit que c’est de la liberté conditionnelle, puisque que les forfait promotionnels sont assortis d’un rallongement de peine de 12 mois. Moi, je veux juste prendre le plus petit forfait. C’est ce que j’explique au gars du service clients. Il me dit qu’il y a un forfait de 45 minutes à 18 €. Il ne me parle pas de tarif promotionnel ou d’engagement supplémentaire. Sinon, je n’aurais pas pris, vous pensez bien! Pour moi il s’agissait bien d’ajuster mon forfait à ma consommation, pas de souscrire à une nouvelle offre, rien d’autre. Et à aucun moment le nain au bout du fil n’a laissé entendre qu’il s’agissait d’un nouvel engagement.
Je découvre juste quelques temps plus tard sur l’espace client sur Internet que j’ai 30 SMS offerts pendant 3 mois et qu’après, ça sera plus cher. Je suis un peu énervée, parce que le gars n’avait pas présenté ça comme ça. Je n’envoie jamais de SMS, je décoche l’offre promotionnelle. Et j’ignore totalement que je viens d’en reprendre pour 12 mois.

Divorce à la sicilienne

Déjà que j’ai du me battre pour conserver l’usage de mon téléphone, pourtant officiellement à moi, déjà que régulièrement je me suis faite pipeautée par les sévices clients, cette espèce de rançon de 90€ me rend totalement folle. Je suis toujours au téléphone avec le gars payé pour se faire insulter par les clients floués, mais toujours dans la plus parfaite légalité!

  • Il est hors de question que je paie cette somme. Je n’ai jamais été mise au courant de la clause d’engagement de 12 mois sur une offre soit-disant promotionnelle! Je vais bloquer le prélèvement à la banque!
  • Faites, faites… vous verrez bien après…
  • Quoi, je verrai bien après? Qu’est-ce que je verrais bien après?
  • Vous avez raison. Ne payez pas. Vous verrez bien après…
  • Je verrai quoi? Les frais de recouvrement de mon impayé? Plus les pénalités de retard, plus le déplacement de l’huissier? C’est bien ça que vous êtes en train de suggérer?

Il faut bien dire ce qui est, même si la plupart des conseillers mentent comme des arracheurs de dents ou ne savent pas lire les dossiers clients, même si j’ai été plusieurs fois menacée à mots couverts, même si on m’a fourgué un service en évitant soigneusement de m’informer des clauses contraignantes assorties, je suis baisée. Parce que tout cela est légal. Parfaitement légal. Même les clauses abusives en tout petit en bas de la page sont légales, jusqu’à ce qu’une jurisprudence dise le contraire. Mais tant qu’il ne pourra y avoir d’action collective contre certaines officines titanesques qui brassent des milliards et ont certainement une armée d’avocats à demeure, prêts à achever le moindre récalcitrant, il faudra raquer!

Bref, comme dans beaucoup de divorces, je vais me faire plumer jusqu’au bout par la marque au nom de fruit et je ne saurais trop vous conseiller d’y réfléchir à deux fois avant de prendre le moindre engagement avec ce type de grande famille commerciale…

Si j’avais su, j’aurais rompu volontairement le contrat en juillet dernier. J’aurais alors payé certes l’amende forfaitaire de 90€, mais à raison et surtout, j’aurais économisé 8 mois d’abonnement à 18€, soit 144€. A méditer encore!