En ce moment, je me tais.

Non pas que je n’ai rien à dire. Mais parce que j’ai la sensation d’être arrivée au bout des mots.

Plus je vois la tournure que prennent les événements, plus je lis les réactions de part et d’autre, et plus j’ai envie de me tirer dans une baraque au fin fond de l’Islande.

Je crois bien que c’est le flot de haine autour de cette histoire de polygamie qui m’a coupé la chique. Que dire devant ça? "La France va mal, c’est la faute aux polygames". Si le bon peuple marche dans la combine, ce n’est plus la peine d’écrire, ce n’est plus la peine d’expliquer, de comprendre, de commenter. On croirait une loterie pour bas du Front :

  • "Et pour le chômage, c’est la faute à qui?"

Tournez petites boules du rejet ordinaire

  • "c’est les feignasses!"

Merde, celle-là, j’aurais pu la trouver toute seule!

Du coup, il n’y a plus rien à dire. Sarko triomphe. Dans les sondages. Dont une société est tenue par madame MEDEF.

Pour meubler mon silence, j’ai regardé un film. Enfin, plutôt un documentaire. Memoria del Saqueo, mémoire d’un saccage. Retour sur 25 ans d’ultralibéralisme en Argentine. D’intéressants parallèles se dessinent entre l’histoire des Argentins et la nôtre. Ils ont juste un peu d’avance sur nous. Mais si peu. Pendant que certains se félicitent de la vente d’EDF, de l’état d’urgence, de la chasse aux chômeurs et de ce genre de choses, il convient de se taire et de regarder ce film. En silence.