Voilà un an que Le Monolecte existe… contre toute attente

Au début, c’était un peu comme un défouloir. Cesser de marmonner mes convictions à la table familiale : "Ben puisque tu as tant de trucs à dire, pourquoi ne pas en faire profiter d’autres?". C’était aussi comme une forme d’entraînement, pour tuer l’appréhension de l’écriture, la fameuse paralysie de la page blanche. C’était aussi une forme de nécessité. Laisser la trace de certaines de mes réflexions, de mes expériences, ne pas se faire engloutir par le flux du temps. Refuser l’oubli. Et puis, les lecteurs sont venus…

La blogosphère est un peu comme l’univers, c’est une bulle gigantesque est perpétuelle expansion. La seule difficulté, c’est de durer. Aussi, on a vite fait de vouloir sabrer le champagne si on parvient à dépasser le stade de la première année, alors que tant d’autres succombent dans les premières semaines.

Heureusement, un blog qui dure, c’est aussi (et surtout) un blog qui fait parler de lui. Une critique pêchée sur la blogosphère, voilà qui peigne le poney et curve my enthousiasm :

Première visite : le monolecte.

Il est tenu par une jeune personne originaire du Midi de la France, éthologue et chômeuse. Le propos est de commenter des faits d’actualité. D’autres rubriques présentent des évènements plus personnels. Le commentaire de l’actualité est attachant. Il s’appuie sur les expériences assez désolantes d’une chômeuse révoltée, vise à démonter les faux-semblants du discours libéral-bourgeois et, plus prosaïquement, les méfaits du capitalisme. Selon moi, l’exposé est intéressant : enlevé, convaincu et issu d’une expérience personnelle. Par contre, la démonstration a du mal à dépasser les énoncés de base de la science économique. Les rubriques personnelles ne manquent pas de charme. Les ballades à la campagne sont vraiment sympas – on est content pour elle – mais baignent dans un arrière-fond baba assez lénifiant. Le déjeuner dans un restaurant forcément peint de jolies couleurs où l’on sert les plats comme à la table de ma grand-mère est exemplaire de ce ton plutôt convenu. On se croirait dans une rubrique conjointe de Biba et de Maisons et Jardins. Foutez la paix à vos archi-vieux, ils en ont assez bavé comme ça et nous en ont fait assez bavé ! Voila pour l’impression générale. Il y a aussi des commentaires et c’est là que l’affaire montre ses limites. Chacun y va de son avis autorisé, forcément court, qu’il approuve ou contredise. En effet, ces avis de visiteurs ne sont guère qu’une suite d’opinions plus ou moins pertinentes et n’aboutissent pas à un enrichissement. De plus, la tenancière des lieux ne répond formellement qu’a de rares élus ou à des contradicteurs dont l’opinion est éloignée de la sienne.

Le monolecte promet plus qu’il ne tient Son côté doigt en l’air me hérisse le poil, mais il reste fondamentalement sympathique et bon témoin de l’époque.

Et pan sur le bec!

Sinon, un an de Monolecte, c’est aussi

  • 143 billets, à raison d’une heure de rédaction par billet en moyenne
  • 1619 commentaires, mais faut dire que je n’ai gardé que les plus élogieux
  • 131 trackbacks, ces étranges liens propres à la blogosphère, qui indiquent que quelque part, un blog parle de vous
  • Plus de 85500 visites, 142000 pages lues (soit moins de 2 pages par visite… va falloir se concentrer un peu!!)

C’est également des rencontres, des discussions, des échanges et des coups de gueule. C’est Alain, mon libertaprout à moi toute seule, ou Léon, qui ne commente plus mais vient jeter un oeil presque tout les jours, ou Papystache, un des premiers, aujourd’hui disparu. Et tous les autres, les fidèles, les occasionnels, les silencieux. C’est aussi ma propre attente, quand je constate, d’un oeil morne, que personne n’a balancé le moindre commentaire, la moindre petite vanne en 24 heure sur mon dernier billet. C’est une certaine joie quand les stats explosent sur un autre billet, l’impression d’être lue, de servir vaguement à quelque chose, à faire un peu avancer le schmilblick.

Le Monolecte, c’est aussi les billets phares :

  • Equation différentielle 4804
  • Gueule de bois 3517
  • Délit de gros cul 3039
  • La République des autistes 2431
  • Sur ses lèvres 2297
  • Les chiffres du chômage pour les mal-comprenants 1792
  • Les petites entreprises de la crise 1776
  • Backdraft 1612
  • Tsunami majeur pour coeurs secs 1410
  • La loi du talion 1326
  • Numéros spéciaux 1298
  • Atomisation du domaine de la lutte 1177
  • Le grand saucier 1159
  • Caca nerveux 1135

Et c’est aussi une grande baffe ma petite vanité

Les 20 premiers Mots-clés
  • gros 1899
  • cul 1819
  • foufoune 836
  • sauce 690
  • monolecte 686
  • caca 655
  • recette 595
  • kebab 584
  • blanche 468
  • pizza 459
  • sisyphe 419
  • 2005 365
  • chomage 358
  • tsunami 354
  • mythe 351
  • politique 323
  • housewives 322

On est bien peu de chose, n’est-ce pas?