Le gouvernement l’a dit : priorité à l’emploi, avec des mesures fortes, efficaces et rapides à mettre en place.

Dans les faits, c’est un peu comme un remaniement ministériel : on reprend les mêmes vieilles recettes éculées qui ont surtout prouvé, au mieux, qu’elles ne changent rien au problème du sous-emploi.

La logique voudrait que l’on s’oriente vers une politique keynésienne qui a déjà maintes fois prouvé son efficacité pour relancer emploi et consommation dans des périodes atones, alors que les postulats libéraux qui, depuis 20 ans, préconisent l’abaissement des charges patronales ont surtout prouvé leur totale inefficacité, voire leur aspect contre-productif, multipliant par 10 le nombre de chômeurs.

Comme prévu, la politique de l’emploi va se faire sur le dos des chômeurs, car, comme chacun le sait, s’il y a du chômage, c’est la faute aux chômeurs!

Le racket se fait toujours en 2 temps : publication des comptes déficitaires de l’UNEDIC, tout en omettant soigneusement de souligner que le gros du déficit provient des fameuses exonérations de charges du patronat, puis pseudo-consultation des partenaires sociaux pour en arriver toujours à la même conclusion : pour lutter contre le chômage, faut encore serrer le kiki des salauds de chômeurs en relevant toujours plus les critères d’admission à l’assurance chômage[1] et en baissant encore le niveau et la durée de l’indemnisation.
Et comme, bien sûr, ça ne suffira pas, on met en place le volet coercition et répression, avec accentuation du contrôle des chômeurs, dont chacun sait bien qu’ils ne sont que des fainéants satisfaits de leur sort qui se prélassent sur le dos des salariés méritants qui font leurs heures sup. non payées sans moufter, tant ils ont peur de rejoindre la cohorte des parasites. D’ailleurs, c’est pour mieux les protéger de la tentation de ne rien foutre[2], que l’on va aussi s’occuper du Droit du Travail de ceux qui en ont encore un!

Donc, comme politique nouvelle pour l’emploi, on peut aller se rhabiller : c’est encore et toujours le même refrain!

Notes

[1] à laquelle, pourtant, TOUS les salariés cotisent, mais la plupart à perte, car c’est à peine la moitié des chômeurs qui a accès à l’indemnisation chômage!

[2] tout salarié est un bras cassé en puissance, ne l’oublions pas!