Parfois, juste pour mieux apprécier le bon cinéma ensuite, on se regarde une bonne grosse bousasse sans intérêt. Et encore, c’est assez difficile à trouver, tant on est bon public, pour ne pas dire cinéphages!

Heureusement, France 2 est toujours là et justifie une fois de plus le montant de la redevance purement dispendieuse que nous allons lui laisser à la fin de l’année, en même temps que la taxe d’habitation[1], soit une nouvelle version trash du double effet Kiss Cool. Hier soir, nous avons eu l’insigne honneur de nous taper Showtime, avec Eddy Murphy, qui boudine avec l’âge et De Niro qui paie ses impôts. Passons sur la mise en abîme abyssale des 2 vrais flics qui se retrouvent dans un reality show dont ils sont les héros kitsch, dirigés par Hooker dans son propre rôle… ou c’est un rôle de composition pour le capitaine Kirk, je ne sais plus. Le trucmuche est une usine à clichés pas bons qui fait mine de se moquer des clichés pas bons

En plus, Eddy Murphy est doublé par l’âne de Schrek!

La seule vraie bonne bousasse est celle qui se revendique comme telle et s’assume totalement ensuite. Dans cette catégorie, il y a mon film culte de l’humour gras, un monument du mauvais goût potache caca-prout : Dumb and dumber[2], l’épopée improbable des deux types les plus stupides du monde. La scène d’anthologie, c’est Jeff Daniels dans les toilettes, après l’absorption massive de laxatif à chevaux. Il faut assumer ce genre de gag et aller au bout, c’est à dire au moment où, la cuvette pleine, on apprend que la chasse est en panne et que la belle tambourine à la porte.
D’autres qui aiment bien aller au bout d’un gag poussif, au-delà de la raison humaine, ce sont les frères Farrelly dans Mary à tout prix où la scène d’ouverture de la braguette est un moment de bravoure cinéphilique! Ben Stiller en prend pour son grade et on en redemande.

Ben Stiller que l’on retrouve donc dans un vrai grand rôle de comique jusqu’au boutiste dans DodgeBall, dont la traduction française est des plus improbables : Même pas mal!. Le sujet, déjà : un championnat de balle au prisonnier oppose deux gérants de club de sport que tout oppose. Ben Stiller en fait des tonnes, il est abjecte, le scénario est poussif au possible et pourtant, quel bonheur que ce rire bête et grinçant qui nous secoue les zygomatiques du début à la fin. C’est du nul, du naze, du moche et Ben Stiller en hystérique du rameur et du pantalon définitivement moule-burnes est prodigieux!

Une vraie bonne grosse déconnade qui ne se prend pas au sérieux, qui afflige, qui détend et qui se consomme sans modération, toute honte bue!

Notes

[1] J’aime toujours à rappeler que nous nous acquittons de cette fameuse redevance alors que nous ne pouvons capter la télévision hertzienne et ne pouvons donc assouvir nos crises de téléphagie aiguës que grâce à un abonnement satellite, soit Double Impact pour effet mini, mini, mini! Par ailleurs, tout laisse penser que le montant de la taxe d’habitation cette année va entraîner une vague de défenestrations en chaîne…

[2] traduire par stupide et encore plus stupide