Voici une question un brin provocatrice, mais au combien d’actualité : peut-on raisonnablement demander à des pans entiers de la population de s’installer dans le statut de chômeur à vie?

Le chômage reste à de très hauts niveaux et tout incident de carrière semble aujourd’hui rédhibitoire.

Trop femme, trop jeune, trop vieille, trop diplômée, pas assez qualifiée, trop mère… le langage du recrutement est de plus en plus un langage de l’exclusion et/ou de l’irrationnel. Devant la profusion de candidats qualifiés, compétents et très motivés, la loi du mouton à cinq pattes fonctionne à plein régime.

Alors, doit-on, tel un Sisyphe des temps modernes, frapper inlassablement à la porte des entreprises pour en être rejeté jour après jour?

Après 2 ans de recherches très actives et très infructueuses, je me pose la question. Lors du dernier recrutement en date, je n’ai même pas été contactée alors que j’avais très précisément le profil demandé, profil qui, je vous l’assure, ne court pas les rues.

Je me demande donc logiquement si je dois continuer à perdre mon temps et mon énergie dans des démarches stériles.
Le chômage de masse, c’est bien pour contrôler la masse salariale, mais il arrive un moment où, comme dans d’autres pays avant nous, l’économie informelle prend le relai. Le chômage ne peut être un statut permanent comme il tend à le devenir de plus en plus. Dans beaucoup de pays dits "en voie de développement", à côté d’une économie officielle verrouillée et très excluante, s’est installée une économie informelle très dynamique. Être légaliste, c’est bien, mais il arrive un moment où se pose en termes très crus la question de la survie!

C’est à se demander si toute cette incurie économique n’a pas pour objectif de déréguler totalement les relations dans le monde du travail. Effectivement, sans la protection du droit, l’exploitation de celui qui doit vendre sa force de travail et ses compétences n’a plus de limites.

"Entre le fort et le faible
entre le riche et le pauvre
entre le maître et le serviteur
c’est la liberté qui opprime
et la loi qui affranchit."

Lacordaire


L’économie informelle est un pis-aller.
Quelques lectures pour en savoir plus :
Selon l’OIT
Un Fléau envahissant
De l’informalité à l’illégalité
L’économie informelle, une soupape de sécurité?