Rien de tel que d’écouter la radio pour avoir envie d’aller au ciné. Ce soir, la chronique de Philippe Val sur France Inter parlait poissonnerie, et plus exactement de la fameuse perche du Nil, poisson bon marché qui a débarqué sur les étals des grandes surfaces ces dernières années et dont un documentaire révèle l’origine peu reluisante.

Tous ceux qui n’aiment pas le poisson, son goût puissant du large, connaissent la perche du Nil, le filet qui se mange aussi facilement que le poisson pané. Mais voilà, quand c’est bon et pas cher, il convient de se méfier.

afficheComme presque tous les soirs de la semaine, j’écoute donc Charivari, la génialissime et pertinente émission de Frédéric Bonnaud. Ce soir, il n’y a qu’une invitée, c’est Mazarine Pingeot qui présente le bouquin que tout le monde attendait. Comme toujours, c’est agréable et intéressant, le seul problème, c’est que c’est toujours trop court. Arrive la chronique de fin d’émission, le lundi, c’est Philippe Val, personnage que j’apprécie modérément (en tout cas nettement moins que Philippe Collin, le jubilatoire chroniqueur vachard du vendredi soir!); Et paf, il attaque direct sur la perche du Nil, sujet d’un documentaire qui sort mercredi.

Et là, en quelques petites minutes, je sais que je vais arrêter définitivement d’acheter cette bestiole.

Parce qu’en fait de Nil, cet animal a été pêché dans les eaux du lac Victoria (source du Nil, brillez en société!) où il a été introduit dans les années 1960. Super prédateur, il a tout bouffé sur place, détruit l’écosystème. Mais voilà, il prolifère, il a de gros filets sans arrêtes : c’est le poisson qui va conquérir les marchés européens. Le marché de la perche du Nil est en plein essor, mais il n’amène que misère et corruption aux riverains du lac. Les avions cargos qui emportent le poisson vers nos ventres avides sont aussi ceux qui amènent les armes qui alimentent les guerres qui déchirent cette région.

Le Cauchemar de Darwin, c’est surtout une petite histoire de la mondialisation heureuse telle que la rêvent tous les MEDEF du monde : la libre entreprise sans contrôle ni contrainte.
Vous savez ce qu’il faut aller voir au ciné à partir de mercredi prochain! Le problème, c’est que comme pour tous les films vraiment importants, il n’est distribué que dans une seule salle en France : à nous de faire pression sur les exploitants et les distributeurs pour obtenir plus de copies en France. Allez au ciné et réclamez une place pour Le Cauchemar de Darwin, boudez le reste!

Personnellement, j’arrête la Perche du Nil qui aurait mieux fait d’y rester.


Pour en savoir plus sur le documentaire
Le site officiel
Critique de l’agence du cinéma indépendant
Les poissons enpoisonnés du lac Victoria
Allociné, toutes les salles