Étrange dilemme auquel sont soumises certaines chômeuses allemandes…

Est-il vraiment nécessaire d’utiliser l’argent du contribuable allemand pour financer l‘Agence fédérale pour l’emploi quand elle soumet les chômeuses allemandes à ce genre de chantage.

Pour ceux qui suivent un peu ce qui se passe ailleurs que dans leur pâté de maison, on se souvient des lundis de la résistance outre-Rhin, contre un gouvernement de gôche qui applique les recettes les plus appréciées des ultra-libéraux et qui détricote les droits sociaux les plus élémentaires. Dans la catégorie "les pauvres sont des gorets, ils ne comprennent que la matraque" : Hartz IV, dont les lois Borloo se sont largement inspirées dans le volet anti-chômeurs. Sachant que les chômeurs sont coupables de leur situation, il convient de les forcer à prendre n’importe quel emploi qu’on leur propose, sans aucun critère que qualification, de salaire ou de quoi que ce soit. Le chômeur n’a plus voix au chapitre, il prend toute sa place de simple variable d’ajustement.

Le souci, c’est que la prostitution a été légalisée en 2002 en Allemagne, et du coup, les maisons closes allemandes sont habilitées à passer des offres d’emploi à l’ANPE allemande pour recruter des vendeuses de charme. Imaginez une seule seconde une ancienne de chez Moulinex, une nana qui a bossé des années et des années, qui se fait jeter par un plan social et à qui on finit par dire qu’en vertu des nouvelles lois anti-chômeurs, soit elle prend le boulot de prostituée, soit on va la sanctionner au niveau de ses allocations chômage, parce que, manifestement, elle ne veut pas bosser!

On va me dire que c’est un exemple extrême. Certes, mais il existe! Et le simple fait que ce soit possible devrait tous nous faire bondir sur nos ergots. Et est-ce mieux de forcer un ingénieur en chimie organique à aller servir des cafés en terrasse? Va-t-on grandir notre économie de la sorte?
On va me dire encore qu’on ne peut pas indemniser le chômage indéfiniment. Ha bon? Pourquoi donc? Alors que c’est la mise en péril des moyens de subsistances de millions de salariés qui a largement contribué à l’explosion des bénéfices record des entreprises cotées en bourses. Alors que rien n’empêche d’alimenter indéfiniment l’appétit des actionnaires dont on peut douter parfois de la contribution à l’intérêt général.

Chaque jour, j’ai l’impression qu’on assiste au jeu du bouchon : nos gouvernants agissent comme s’ils se demandaient chaque jour "jusqu’où pouvons-nous pousser le bouchon aujourd’hui sans que tous ces abrutis ne se réveillent?". Et pour l’instant, tant que nous restons vautrés sur nos canapés devant la boîte à cons dans l’illusion qu’en faisant le gros dos, ça ira mieux demain, il semble qu’il y a assez peu de limites au grand jeu du bouchon.