Hier soir, zapping fébrile à la recherche de temps à perdre.

La mort nous va si bien

La soirée démarre carrément bien avec les 2 premiers épisodes inédits de la 2ème saison de Dead like me.

Pour ceux qui aurait la malchance de ne pas connaître cette jubilatoire série un rien macabre :

George Lass est une délicieuse jeune fille de 18 ans qui s’apprête à entrer dans la vie sous l’impulsion d’un bon coup de pied au derrière de sa non moins charmante mère. Traînant sa moue boudeuse et son humeur de bouledogue rhumatismeux, George débarque à l’agence d’emploi temporaire Happy Time et commence par mettre en boîte sa recruteuse, la sémillante et parfois très flippante Dolores Herbig (l’air bigrement contente!). Mauvais choix, la voilà cantonnée à des tâches parfaitement ingrates dans les archives de l’entreprise, situées au sous-sol de l’immeuble. George comprend qu’elle ne pourra passer toute sa vie dans ces conditions. Ce qui se vérifie à la pause-déjeuner, lorsqu’elle se fait vaporiser par une lunette de chiotte descendue tout droit de la station Mir.
Ce qui sent la fin n’est qu’en fait que le début d’une bien plus intéressante vie… de non-morte. Car maintenant que George est morte et bien morte, sa vie repart de plus belle comme faucheuse, c’est à dire une sorte de personne réincarnée entre la vie et la mort, chargée d’attraper l’âme des gens juste un peu avant qu’ils ne meurent. Sous l’identité de Millie, George doit finalement apprendre à vivre, à mûrir, et à faire le deuil d’elle-même.
Des personnages toujours subtilement décalés, un humour grinçant, des situations cocasses, le bal des morts tragiques et surtout stupides font de cette série atypique un magnifique moment de détente jubilatoire où l’absurde est roi, mais aussi de réflexion sur la vacuité de l’existence.

Les Soprano chez les Rothschild

Dernier avatar de la télé-réalité de bas étage[1], voici Les Nouveaux Riches qui débarquent sur Téva, la filiale de M6 (que du gratin, on vous dit!). Le principe est simple : on choisit soigneusement une famille d’italo-américains du New-Jersey[2] et on les loge un mois dans une maison de luxe avec personnel de maison hyper stylé à la clé. Un jury secret[3] composé du fameux personnel est chargé d’évaluer les qualités nécessaires à chacun des membres de la famille pour devenir l’heureux millionnaire[4] de la fin du jeu.
On sent tout de suite que la famille a été castée avec soin, bien beauf, bien rugueuse, et on peine à en trouver un seul membre vaguement sympathique. A croire que l’objectif du jeu serait de bien faire comprendre à tous les red neck[5] du Middle West que la fortune héritée seule donne le vernis et le charme si discret de la bourgeoisie auxquels un roturier de bas étage, même un peu riche, ne peut aspirer de par sa génétique même.
En face, le personnel, un rien méprisant, en fait des tonnes dans le contraste. Ainsi, le cuisinier français attaque direct le premier soir avec une escargolade et des cuisses de grenouilles. Sachant que pour plus de 95% des Américains, toutes classes sociales confondues, cela représente le summum du non-comestible, on comprend aussi l’intention de faire passer la famille pour encore plus rustre qu’elle ne l’est réellement. Heureusement que tante Donna reprend les choses en main et brieffe le cuistot sur les bonnes choses dont il ne doit pas manquer : "Du persil et du basilic déshydratés, surtout, pas frais!"[6].

Destination vide

Nous habitons depuis 4 ans une maison dont la particularité est d’être située dans un cône d’ombre hertzienne. Du jour au lendemain, notre télévision est devenue un simple moniteur[7], ce qui nous a réduit à un choix simple : satellite ou rien! La perspective d’accéder à des chaînes thématiques de qualité, comme les chaînes cinéma ou Planète nous a retenu de balancer notre poste à la poubelle.
Planète était une chaîne intelligente, aventureuse où j’apprenais tous les jours : docu animaliers, reportages scientifiques, une excellente saga sur l’histoire de l’aviation, les esprits curieux étaient à la fête. C’était tellement bien, que dans la foulée, nous avons eu le droit à une deuxième chaîne Planète, Planète future, plus technologique, assez pointue : le bonheur. Puis, sont arrivées Planète Thalassa et National Geographic Channel! J’avais aussi accès à Arte et France 5 intégrales, et surtout, en choisissant Canal Sat, je m’étais coupée irrémédiablement du pire du PAF : TF1 et M6. Que demander de plus? Que ça dure, tout simplement.
Mais voilà, Planète Futur a disparu au profit de Planète Choc, un monument de télé vulgaire et racoleuse qui débite à longueur de temps de la télé-réalité dont même TF1 ne voudrait pas, qui se vautre dans le sensationnalisme voyeur, qui égraine des émissions consacrées à reconstituer des scènes de crimes : de la télé égoutière! Derrière, on nous a collé Discovery Channel, autre fleuron du pseudo-scientifique made in America où l’accent est particulièrement mis sur le spectaculaire et le "vécu". Mais le pire, c’est que lorsque vous prenez les gens pour des cons forcément, c’est tout l’édifice qui est tiré vers le bas. Ainsi, l’autre jour, en zappant sur Planète, je suis tombée sur un reportage particulièrement édifiant sur les jeunes femmes qui testent et vendent les godmichets. Pendant un court moment, j’ai cru m’être fourvoyée sur la boueuse Planète Choc. Mais non, j’étais bien à la maison mère et c’était triste à pleurer.

Finalement, on regarde des films sur les chaînes cinéma (quant il n’y a pas trop de téléfilms pâteux!), Jamie Oliver quand on parvient à le coincer sur cuisine.tv, parfois Paris Première pour les émissions-concepts et la culture, Canal Jimmy pour les bonnes séries qui décapent la tête et remontent le moral[8] et pour les neurones, il reste Arte[9], France 5, la pédagogue, Voyage et ses émissions phares[10], National Geographic Channel, très animaux et sciences humaines et surtout, l’indispensable et pas assez regardée chaîne parlementaire LCP, bien mieux que les Guignols de l’Info et tellement vraie!

Et puis, il y a tout le reste du temps (l’essentiel, en fait), où, finalement, on éteint la télé et on revient à une vie normale! Vive les cerveaux libérés!

Notes

[1] Rhoooo, le vilain pléonasme que voilà!

[2] toute ressemblance avec une fiction déjà célèbre n’aurait rien de fortuit

[3] Pour les candidats, pas pour le spectateur. On se doute que les moins débiles des candidats vont rapidement comprendre qui est à même de suffisamment les tester et les observer pour les élire…

[4] en dollars, ce serait mieux en euros, par les temps qui courent!

[5] Littéralement, les cous rouges, c’est à dire les pedzouilles chez nous, ceux qui prennent le soleil sur le dos à force de trimer en plein air, en opposition avec les cols blancs.

[6] Tout bon italo-italien appréciera les critères culinaires de la dame

[7] Ce qui ne nous dispense aucunement d’acquitter la redevance TV…

[8] Entendez les trucs loufdingues et décalés comme Dead like me, Six feet under ou Carnival, mais pas Dallas, l’insubmersible, sauf quand on veut prendre la mesure du temps qui passe et ne revient pas…

[9] Mais pas trop, gare à l’indigestion parfois un peu intellectualisante!

[10] Africa trek ou Pilot Guides, pour le spitant Ian Wright