Musiques d'ascenseurs
Par Agnès Maillard le dimanche 2 janvier 2005, 09:07 - Brouhaha - Lien permanent
Entre la musique qui adoucit les moeurs et le tour du monde des ascenseurs, cette année, Le Monolecte commence fort, avec des sujets sans concession!
Music again, again, again...
La musique adoucit les moeurs assène
l'adage populaire. Bien sûr tout dépend de la musique et des circonstances.
Déjà, chaque fois que je me retrouve à faire les courses en supermarché, au
bout de dix minutes, j'ai déjà envie de ressortir pour échapper à la soupe
sonore indigeste et au jingle totalement saturé du magasin, Champion, pour ne
pas le citer. Rappelons que la musique saturée ne vaut que dans un bon gros
morceau de Heavy Metal, dont personne ne s'hasarderait à
vanter les vertues appaisantes!
Le top de la torture auditive reste quand même la quinzaine commerciale
de Noël. Là, pas d'échappatoire, c'est carrément tout le bled qui est
inondé de musique mièvre et pathétique qui blesse autant l'oreille que mon sens
naturel du beau. Imaginez l'effet de ces chants lénifiants sur l'organisme
humain plongé dedans à longueur de journée, comme celui des commerçants au
sort desquels nous compatirons sincèrement pour une fois.
Quand j'entends du Wagner, j'ai envie d'envahir la Pologne.
Woody Allen.
Plus près des étoiles
L'un des poncifs du genre parle de musique d'ascenseurs.
Personnellement, je dois fréquenter assez peu ces transports verticaux, car la
plupart de ceux dans lesquels je suis montée n'était pas sonorisés. Tout au
plus, nous pouvons parler de musique de centre commercial. Hier soir, en
zappant sur la chaîne Voyage, j'ai donc découvert le monde
stupéfiant des ascenseurs. Faire un doc de 50 minutes sur les ascenseurs est plutôt culloté et
au final, le résultat est assez captivant, même si parfois, on a l'impression
d'être sur une chaîne de télé-achat vouée à la gloire d'Otis. En dehors du côté
livre des records (le plus haut, le plus rapide, le plus flippant, le plus
insolite ou le plus vieux), nous apprenons des choses intéressantes sur le
moyen de transport le plus sûr et le plus utilisé au monde, comme la sociologie
de l'ascenseur, ou comment nous avons tous intégré des codes de comportements
sur la manière de partager un espace clos et exigu avec des inconnus. Un
cascadeur rappelle qu'il n'existe aucun moyen de survivre à une chute
d'ascenseur, n'en déplaise à Bruce Willis. On découvre aussi le projet des
ascenseurs spatiaux, sensés relier des plate-formes en haute mer avec des
stations orbitales.
La palme du suréalisme revient à une compagnie d'assurance du Minnesota qui a
installé un ordinateur pour gérer les flux d'employés à la colonne d'ascenseurs
et réduire ainsi le temps d'attente de 4 secondes!
4 secondes multipliées par 2000 employés, au bout d'un an ça représente 6 mois d'attente devant l'ascenseur...
explique le responsable du système.
Vu comme ça, il y a encore de la productivité à trouver dans les emplois du
temps des employés saturés de Prozac pour tenir la cadence sans craquer. On peut
imaginer remplacer les fauteuils de bureau par des chaises percées pour
rentabiliser la pause-pipi, par exemple.
Le mot de la fin revient à une vieille dame interviewée sur le bonheur de prendre l'ascenseur :
Rendez-vous compte, sans les ascenseurs, nous n'aurions pas pu contruire de grands immeubles...
Vu comme ça, les ascenseurs sont soudainement moins insignifiants.





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