Chœur de vierges effarouchées autour des déclarations à l’emporte-pièce du char Dassault, ou comment on se délecte du pire pour mieux accepter l’intolérable

Relâche à l’hospice des Vieux Glands, Serge Dassault est de sortie en ville. Celui dont le plus grand mérite est d’avoir hérité du commerce d’armes de papa se pose en donneur de leçon caricatural, sur un air de nostalgie de l’époque victorienne.
Comme le fait remarquer intelligemment Acrimed, l’outrance du personnage et de ses propos, en offrant son quart d’heure d’indignation à tout journaleux en panne de critique, devient éminemment suspecte. Tel un épouvantail à gauchos, le vieux réac occulte le grand bon en arrière qui s’opère en ce moment sur nos droits sociaux et réussit dans le même élan à faire passer Seillières pour un socialiste et Borloo pour l’Abbé Pierre.

De la vraie bonne info

Serge Dassault appelle de ces vœux un monde qui n’est pas sans évoquer les descriptions rieuses de Zola ou Dickens. Et pour y contribuer efficacement, il vient de prendre la tête de la Socpresse, et donc, en passant de 70 titres de presse nationale et régionale auxquels il compte bien expliquer fermement sa conception de la vérité vraie!

2 marchands d’armes, un entrepreneur du BTP, des marchands de flotte, voici en gros le portrait des nouveaux patrons de presse et du PAF français. Pratiquement tout ce qui informe dans ce pays est aux mains de capitaines de l’industrie. Et il faudrait être bien naïf pour croire que ce n’est qu’une question de "danseuse".

Contrôler l’information, c’est contrôler l’opinion publique, et contrôler l’opinion publique, c’est asservir le citoyen à ses intérêts particuliers!