"Strip tease vous déshabille", annonçait en préambule l’émission documentaire belge qui tenait ses promesses. Dans la même veine, Nip/tuck, la série américaine du moment va nettement plus loin dans l’exploration des méandres de lame l’âme humaine, et c’est dans un pur festival gore de bistouri et de burin chirurgicaux que les 2 chirurgiens plasticiens mettent notre âme à nu.

Depuis l’ancestrale et bien portante série Urgences, le monde des fictions télévisées a été bouleversé : on ne racontera plus jamais une histoire comme avant. Les sujet tabous tombent les uns après les autres : la maladie (Urgences, donc!), l’homosexualité (Queer as folk), la mort (Six feets under et le plus discret et néanmoins très remarquable Dead like me)… rien ne nous est épargné.

Avec un point de départ quasi anémique, le train-train quotidien de deux maîtres de la chirurgie esthétique à Los Angeles, la ville de tous les les vices et de tous les excès, la série Nip/tuck fait de la chirurgie exploratrice des chairs et de ce petit quelque chose en plus qui fait de nous des humains.

Pas de facilité dans tout cela : des opérations d’un réalisme à vous donner envie de garder définitivement le tarin que vous a légué votre père, des personnages fouillés et complexes, des situations cocasses ou tragiques, Nip/tuck se penche au chevet d’une petite humanité grouillante et souffrante, dont la vacuité existentielle est noyée par un narcissisme mortifère.
Et c’est à ce moment-là, alors qu’elle a l’air de vous parler de l’apparence des êtres, que la série vous pose des questions métaphysique sur le sens du beau, le sens de la vie, ou cette peur panique de vieillir qui pourrit la vie des Occidentaux égoïstes et immatures comme des gosses.

Vieillir est un privilège!!

Alors que le jeunisme règne en maître, cette petite phrase lancée par un personnage à sa mère qui se plaint de vieillir et qui exige un lifting nous replace dans une juste perspective.
Vieillir est un privilège d’habitants de pays riches. Partout ailleurs, des hommes, des femmes, des gosses, espèrent sans trop y croire parvenir un jour à l’âge des toutes premières rides. Vieillir est la récompense des survivants et non la malédiction des enfants gâtés.

A 20 ans, on a le visage que Dieu nous a donné, à 40, celui que la vie nous a donné, à 60, celui que l’on mérite

Il semblerait que les  »Baby-boomers" aient beaucoup de mal à accepter l’image que leur miroir leur renvoie aujourd’hui!