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  <title>Le Monolecte</title>
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  <description>Chroniques inutiles des agitateurs du vide</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Sat, 13 Mar 2010 23:52:59 +0100</pubDate>
  <copyright>Creative commons</copyright>
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  <item>
    <title>A-quoi-bonnite aiguë</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/03/09/A-quoi-bonnite-aigue</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Mar 2010 11:20:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Le Monolecte expliqué aux enfants</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Samedi matin, Le Monolecte a manqué disparaître de la Toile. Pour de bon.
J'avais le doigt sur la gâchette, mais je me suis laissé deux jours de
réflexion sur la question de l'intérêt de laisser ce blog continuer à
fonctionner.&lt;/p&gt;    Un peu au milieu du gué, je me retrouve les deux pieds dans l'eau glaciale, à
me demander ce que je fous là. Ça m'arrive. Parfois. Je pense que c'est sain,
au final, mais c'est toujours extrêmement violent. Temps de pause et
introspection aux tractopelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;Bilan d'étape&lt;/h3&gt;
Cela faisait un moment que ça couvait, tranquillement, comme les braises sous
la cendre. En décembre dernier, je me suis retrouvée à une réunion &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/12/11/154-travailleur-independant&quot;&gt;d'autoentrepreneurs et autres
forçats du clavier&lt;/a&gt;. Tous très pros, très &lt;em&gt;novlangue&lt;/em&gt;, avec des
&lt;em&gt;business plan&lt;/em&gt;, des projets, des perspectives, des CA, des graphiques
jolis et des &lt;em&gt;slides&lt;/em&gt; qui le font bien. Le tour de table finit par
s'arrêter sur moi et je me rends compte que je n'ai rien à dire. Nada. Je suis
incapable de dire ce que je fais, ce que je suis et ce que je fous là. Je passe
logiquement pour un charlot pendant que les autres continuent le
&lt;em&gt;business&lt;/em&gt;. Je sais que certains sont à peu près autant dans la merde et
le flou que moi, mais ce n'est pas grave, ils jouent leur rôle avec conviction,
sinon avec talent. Peut-être même que certains y croient vraiment... Nous
sommes dans le paraître, le jeu de rôle, l'espace des socialités à la langue de
bois qui bâtissent les réputations et les contrats sur des effets de manche et
des montagnes d'esbroufe.&lt;br /&gt;
Il y en a deux ou trois qui sont particulièrement convaincants dans leur mise
en scène. Ils font la même chose que moi, mais ils ont construit un discours,
un univers, un langage pseudocrypté qui leur donne une carrure d'experts. C'est
du flan, mais ça marche. On en revient toujours à la même question :
&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/19/Vends-moi&quot;&gt;l'essentiel, c'est de se vendre&lt;/a&gt; (comme
un pack de &lt;a href=&quot;http://www.capital.fr/enquetes/derapages/le-yaourt-low-cost-de-danone-a-fait-splash-482196&quot;&gt;
yaourts sans lait&lt;/a&gt; ou de &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/dessous-assiette/2010/02/08/biscuits-oreo-vous-allez-en-bouffer-137379&quot;&gt;
biscuits sans chocolat&lt;/a&gt;), le reste ne compte pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Tu sais, il vaut mieux faire savoir que savoir faire.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Un monde de communication. C'était mon ancien chef de service, devenu un ami
depuis, qui me parlait ainsi. De la nécessité de communiquer sur son travail et
de ne pas attendre une hypothétique reconnaissance des efforts réellement
fournis, obtenue par la grâce d'une heureuse découverte au coin de la machine à
café. De la nécessité de la non-implication personnelle dans le
travail :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ce n'est que ton boulot, la manière par laquelle tu gagnes ta vie. Mais
ta vraie vie est ailleurs. Si tu t'investis personnellement, affectivement,
dans ton boulot, tu vas te faire bouffer par ceux qui sauront utiliser ces
faiblesses et en cas d'échec, tu le prendras pour toi.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Le syndrome du jeune chiot. Autodestruction assurée. Matière première de la
machine à digérer les gens et leurs talents.&lt;br /&gt;
L'envie de bien faire, de faire ses preuves, de faire toujours plus et mieux,
comme si sa vie en dépendait et imploser en plein vol sous la charge de travail
et l'implication émotionnelle, bouffé par l'impossibilité physique et psychique
d'atteindre des objectifs revus à la hausse au fur et à mesure que tu tentes de
les rattraper, comme un lévrier lâché sur un champ de courses. Jusqu'à
épuisement complet de la ressource. Humaine. Toi, en l'occurrence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Inadaptation fondamentale à un monde marchand. Les poubelles humaines vont
déborder. Mais il y aura toujours des volontaires pour le sale boulot
d'éboueur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question est : y a-t-il de la place à la marge pour cultiver de
nouvelles relations humaines, de nouvelles manières de travailler, de créer, de
produire?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a donc ce tour de table, et moi qui bafouille quelques phrases décousues
pour tenter de circonscrire près de sept ans de tâtonnements dans les zones
frontalières de l'activité humaine. Du coup, je ne fais pas explorateur, mais
amateur, pèlerin, touriste, et je serai traitée comme telle. Pas foutue de me
faire tenir dans un intitulé, un énoncé, une jolie petite case avec une
étiquette socio-professionnelle. Femme-orchestre et dilettante, je touche un
peu à tout, je ne fais donc rien, je ne suis donc rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin, si, je suis blogueuse.&lt;br /&gt;
Et pour l'instant, c'est encore assez proche de rien.&lt;br /&gt;
Parce qu'il n'existe toujours pas le jeu de rôle qui va avec, le modèle
économique, comme ils disent. Donc, on existe, on crée, on fait, on produit, on
fabrique, on dérange, on divertit, aussi, mais comme les acteurs ou les
danseurs d'une autre époque, les saltimbanques de la blogobulle sont en panne
d'un vrai métier pour gagner du vrai argent. Nous sommes donc une sorte de
loisir pour rentiers. Soumis à l'injonction d'arrêter les conneries et les
rêves stériles et de retourner dans la vraie vie faire un vrai boulot. Comme
l'explique &lt;a href=&quot;http://blog.tcrouzet.com/2010/03/05/vivre-pour-ecrire/&quot;&gt;Thierry Crouzet dans
son papier de vendredi dernier&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://novovision.fr/?Auteur-en-ligne-un-projet-insense&quot;&gt;le décortique
Narvic&lt;/a&gt;, à sa suite, dans son très long et très fouillé papier d'hier. Et
moi, je me retrouve dans un sandwich mental, coincée entre la nécessité de
gagner de l'argent et mon incapacité à faire autre chose que ce truc de
&lt;em&gt;geek&lt;/em&gt; de luxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'où ce doigt qui erre sur le bouton d'autodestruction totale du blog,
généreusement fourni par &lt;a href=&quot;http://www.gandi.net/domain/blog/&quot;&gt;Gandiblog&lt;/a&gt;. De la nécessité impérieuse
de terminer l'expérience et de rentrer dans le rang, d'arrêter les conneries et
de prendre la mesure de mon existence concrète de ressource humaine et de
variable d'ajustement. De savoir enfin, ce que je suis et ce que je vais faire
du reste de ma vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On va donc réfléchir encore un peu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=3a99cd7a-d242-84d5-9bf5-3a9c367ab577&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Blogobulle politique française</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/03/03/Blogobulle-politique-francaise</link>
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    <pubDate>Wed, 03 Mar 2010 16:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Le petit bout de la lucarne</category>
        <category>compétition</category><category>Internet</category><category>politique</category>    
    <description>&lt;p&gt;Pour ceux qui ont besoin de faire leur marché en ligne, la liste des 20
blogs en tête du classement politique de mars de Wikio.&lt;/p&gt;    &lt;table width=&quot;420&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;50%&quot;&gt;
&lt;table width=&quot;100%&quot; border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://jegpol.blogspot.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Partageons
mon avis&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://sarkofrance.blogspot.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Sarkofrance&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.intox2007.info&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Intox2007.info&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;4&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://unclavesien.blogspot.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le
coucou de Claviers&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;5&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.plafonddeverre.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Olympe
et le plafond de verre&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;6&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://heresie.hautetfort.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;L'Hérétique&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;7&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://lespriviliegiesparlent.blogspot.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Les privilégiés parlent aux Français...&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;8&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.bahbycc.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Bah
!&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://hyposblog.info/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le blog de
Hypos&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://sarkofrance.wordpress.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Les
coulisses de Sarkofrance&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://ruminances.unblog.fr&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Ruminances&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;12&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.marcvasseur.info/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Marc
Vasseur&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;/td&gt;
&lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;50%&quot;&gt;
&lt;table width=&quot;100%&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://reversus.Fr&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Reversus&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;14&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://sebmusset.blogspot.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;LES
JOURS ET L'ENNUI DE SEB MUSSET&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;15&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://piratages.wordpress.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Piratage(s)&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;16&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://monmulhouse.canalblog.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Mon
Mulhouse&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lepost.fr/perso/birenbaum&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Birenbaum&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;18&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.peuples.net&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Peuples.net&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;19&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://rimbusblog.blogspot.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Rimbus
le blog&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr class=&quot;bg&quot;&gt;
&lt;td class=&quot;td1&quot; valign=&quot;top&quot; width=&quot;30&quot;&gt;20&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://authueil.org&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Authueil&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class=&quot;td3&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.wikio.fr&quot; target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Ranking de Wikio&quot;&gt;Ranking
de Wikio&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Gabarit</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/27/Gabarit</link>
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    <pubDate>Sat, 27 Feb 2010 09:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Poil à gratter</category>
        <category>administration</category><category>citoyen</category><category>démocratie</category><category>guerre</category><category>images</category><category>police</category>    
    <description>&lt;p style=&quot;&quot;&gt;Dans la série des petites choses qui irritent aux entournures, mais
qui signifient bien plus que le léger agacement qu'elles procurent...&lt;/p&gt;    &lt;div style=&quot;float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4391182984/&quot; title=&quot;photo sharing&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm3.static.flickr.com/2753/4391182984_2ccf9267b1_m.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border: 2px solid rgb(0, 0, 0);&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 0.9em; margin-top: 0;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4391182984/&quot;&gt;Gabarit&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Mise en ligne par &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/people/monolecte/&quot;&gt;Le
Monolecte&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
Avec un bon portrait de face où tu ne souris pas, mais où tu ne fais pas la
gueule non plus, où tu ne penches pas la tête, ne fermes pas les yeux, où tu
n'a pas de truc sur les cheveux, ni de mèche dans les yeux, où tu es sur un
fond clair, neutre et pas blanc, où tu es correctement exposé et où tu n'as pas
d'ombre sur le visage, tu peux éventuellement te faire une photo d'identité
pour document officiel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Superpose ce gabarit à ta photo dans ton logiciel de retouche d'image préféré
(si c'est Gimp, c'est que tu es quelqu'un de bien), ajuste le gabarit jusqu'à
ce que ton visage s'inscrive dans le cercle avec tes yeux bien dans l'espace
délimité par les deux lignes horizontales qui le coupent, rogne ta photo et
redimensionne-la en 35x45 mm, 300 DPI et ça devrait le faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et quand tu y es enfin arrivé au bout de 3 heures de boulot, dis-toi que le
photographe du bled, finalement, il n'est pas si cher que ça et que les photos
d'identité, c'était mieux avant la guerre perpétuelle contre les
citoyens!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Cela dit, ce gabarit est totalement fonctionnel et peut être téléchargé
librement...&lt;/em&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'âge de raison</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/22/L-age-de-raison</link>
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    <pubDate>Mon, 22 Feb 2010 11:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
        <category>bled</category><category>bonheur</category><category>chroniques</category><category>enfance</category><category>humanité</category><category>moment</category><category>mort</category><category>violence</category><category>éducation</category>    
    <description>&lt;p&gt;Comme un chardon sur une lande sauvage, petite fleur charmante habillée
d'épines, la môme grandit et devient une personne fort intéressante, piquante
et délicieuse à la fois.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4376612245/&quot; title=&quot;φιλία de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4033/4376612245_c640348e69.jpg&quot; alt=&quot;φιλία&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;334&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Mais, c'est que je n'ai pas demandé à naître, moi !&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
La môme nous balance ça, un week-end, à l'heure du déjeuner, sa frimousse
plissée par un intense chagrin boudeur et terrifié. Le genre de petite sortie
qui nous cueille au creux de la vague et nous pousse dans nos
retranchements.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Bon, autant te le dire tout de suite : pour autant que je sache,
actuellement, sur cette planète, il n'y a pas un humain qui a demandé à naître.
Voilà, on est tous logés à la même enseigne. Un beau jour, on est né et depuis,
il a bien fallu faire avec.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
L'ampleur du phénomène coupe le sifflet de la gamine, mais ne déride pas son
front.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Mais ce n'est pas ça qui te dérange le plus, n'est-ce
pas ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;C'est quoi ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Je ne veux pas mourir.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Oui, forcément, vu sous cet angle, vivre est assez contrariant. Notre fin
inéluctable m'a très souvent plongée dans des affres d'angoisse existentielle
sans fond et des fois, encore, je suis subitement écrasée par la perspective de
ma propre finitude. Maladies, accidents, les arrières-grands-mères qui
déclinent lentement mais sûrement, sans que jamais nous n'abordions
frontalement le sujet à la maison, la rumeur de la vie qui nous tue à coup sûr
finit toujours par arriver jusqu'aux oreilles de la gosse. Qui cogite, qui
tricote de la tête avec au moins autant de vigueur qu'avec ses petites guiboles
fluettes. La môme qui grandit, qui évolue sous nos regards que l'on ne trouve
jamais assez attentifs, la môme, notre môme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis un mois, elle se lave toute seule, transformant la salle de bain en
annexe d'Aqualand. Il y a 15 jours, elle était toute fière d'arriver en haut de
sa première voie d'escalade. Six mètres de reptation verticale, les genoux
flageolants. Mais elle s'est accrochée et elle y est arrivée. Sa fierté de
gosse s'abreuvant à la mienne. Elle déchiffre aussi un monde de mots nouveaux
qui s'est ouvert récemment à elle, par la grâce d'une école républicaine encore
fonctionnelle. Elle s'essaye sans cesse à nous écrire des histoires dans sa
grammaire hésitante de néophyte qui réinvente chaque jour le langage SMS.&lt;br /&gt;
Alors, comment s'étonner que sur le long chemin qui la mène à l'âge de raison,
se dressent, parfois, des questionnements intimes et bouleversants ?&lt;br /&gt;
Avec interdiction de botter en touche.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Oui, ça, je comprends bien. On a tous plus ou moins le même problème :
le fait qu'on va tous mourir un jour ou l'autre qu'on le veuille ou non. Et
c'est vrai que ça fout vraiment la trouille.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Et alors, comment tu fais ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ben, comme toi, je suis là sans l'avoir demandé et je vais mourir, même
si je ne le veux pas. Je pourrais me pourrir le temps que j'ai à vivre avec ce
problème ou faire ce qui m'a semblé le mieux à faire vu les circonstances :
profiter autant que je le peux de chaque moment que j'ai à vivre.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
La môme a tourné son petit visage lunaire vers moi, en quête d'une consolation,
d'un espoir, d'une clé que je n'ai pas vraiment.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Bon, d'accord, on va tous mourir et c'est pourri. Cela dit, on n'est pas
pressé et on espère tous mourir le plus tard possible. Regarde le chat. Mine de
rien, il lui reste quoi ? Six ou huit ans. Mais nous, on a du bol, si on
ne fait pas trop les couillons et qu'on a un peu de chance, ça peut durer super
longtemps. Et vivre, ça peut vraiment être super bien.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ha bon ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li style=&quot;&quot;&gt;&lt;q&gt;Ben oui. Toi aussi, tu aimes bien regarder la nature, les
oiseaux, les arbres, les nuages dans le ciel. Tu aimes bien passer du temps
avec nous, avec tes copains, apprendre de nouveaux trucs, faire de nouvelles
choses. Il te reste tout plein de choses à faire et des tas de trucs très
intéressants à voir. Et c'est ça qui compte. Pas de penser à la mort, mais de
bien occuper la vie qui t'a finalement été donnée. Tout ce temps t'appartient.
À toi de voir ce que tu vas en faire. Avoir peur ou vivre.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Bizarrement, mes conneries ont eu l'air de la consoler. Peut-être qu'elle
attendait juste de moi ma part de vérité. En attendant, elle s'emploie à vivre
sa vie de gosse et à grandir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'autre jour, elle se fait payer une orgie de malbouffe par sa grand-mère.
C'est une gosse. Elle a donc tendance à bien aimer aller manger chez le méchant
clown. Elle aime surtout aller à la rencontre des autres gosses et se faire de
nouveaux copains. Mais, là, pas de bol, elle est tombée sur une petite brute de
trois ans qui a commencé par directement lui envoyer un bourre-pif dans la
lucarne. La suite, elle l'a raconté à son père :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ça m'a vraiment fait super mal, mais, au lieu de me rendre, j'ai fait ce
que maman et toi n'arrêtez pas de me répéter : j'ai réfléchi. J'ai réfléchi et
je me suis dit que ce n'était pas normal de donner des coups de poing à 3 ans à
des gens qu'on ne connaît pas. Alors, je suis allée voir sa maman et je lui ai
expliqué que ça ne se faisait pas et qu'un enfant, ça s'éduque. Après, je me
suis dit aussi que cet enfant était peut-être juste malheureux, peut-être
encore plus pauvre que nous, peut-être qu'il était en colère, ça pourrait
expliquer, mais n'empêche que ça ne se fait pas...&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai l'impression que la gosse a finalement décidé de bien employer le temps
qui lui est imparti.&lt;br /&gt;
Notre môme... qui vient d'entrer brillamment dans l'âge de raison.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=0942b101-a0fd-8f15-a805-426433fc72d2&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Vends-moi!</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/19/Vends-moi</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a65037d9c8767c31c8be15075ff6cb3d</guid>
    <pubDate>Fri, 19 Feb 2010 19:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Et participe, toi aussi, à la grande braderie planétaire !&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4369183798/&quot; title=&quot;Froufrou de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4038/4369183798_6d724cc68a.jpg&quot; alt=&quot;Froufrou&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;500&quot; width=&quot;334&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Ils
sont face à face au-dessus d'une petite table de bistrot bancale et il la
tient, de son regard et de sa main. Le premier, lourd, cajoleur, intense, et la
seconde, légère, possessive et douce à la fois. Ils se font face et il lui
raconte combien elle est belle, combien elle est intéressante, captivante,
unique, sublime, merveilleuse, combien il aime ce qu'elle est, ce qu'elle fait,
jusqu'à ses petits défauts touchants qui le ravissent, le font sourire encore
plus et pendant qu'il la berce de ses mots doux, son regard se remplit
d'étoiles filantes et elle se laisse bercer par le flux tendre et viril de sa
voix. Elle aussi a un sourire lunaire accroché au visage, elle se réchauffe à
sa passion, à la foi et elle aime l'entendre lui raconter à quel point il
l'aime sans que jamais ces mots définitifs ne franchissent la barrière de ses
lèvres. Ce qu'elle adore par-dessus tout, c'est ce miroir plaisant qu'il lui
tend à bout de bras, c'est ce bagout de vendeur de foires en fin de journée,
c'est de se voir si belle, si aimable dans ses yeux à lui. Ses paroles sont
comme un baume réconfortant et bien plus que des flatteries banales qui
trébuchent sur le formica terni par le temps et la danse des verres et des
tasses, elles ont la propriété intéressante de s'autoréaliser.&lt;br /&gt;
Parce qu'il lui dit qu'elle est belle, elle se sent moins moche, elle a envie
de sourire, de s'ouvrir à la vie, aux autres, au bonheur que ses phrases lui
promettent. Son propre regard s'illumine de cette petite flamme si particulière
que seul le sentiment amoureux peut allumer et la voilà déjà plus belle, plus
désirable, plus charnelle. Ses mots à lui lissent la mèche rebelle que ses
doigts tremblants ne parviennent plus à ranger derrière son oreille, ils
rosissent délicieusement ses joues de pêche, ils arrondissent sa bouche trop
fine, ils éclairent sa physionomie tout entière, plus sûrement que toute une
armée de coiffeurs et d'esthéticiennes affairés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il n'est pas particulièrement bon dans son discours, il n'a pas créé un monde
nouveau pour elle, un langage, un vocabulaire qu'elle seule pourrait
comprendre, mais elle a tellement envie de le croire, elle a tellement envie
d'être ce qu'il raconte qu'elle veut bien l'aimer aussi un peu. Il est en train
de gagner la bataille des mots qui ouvrent le combat des corps parce qu'il lui
vend mieux que personne le produit le plus difficile à placer de la planète :
elle-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Vends-moi !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
C'est sorti dans un souffle, il l'a reçu comme une gifle.&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Si tu peux me faire croire en moi-même, alors tu peux réussir à le faire
avec n'importe qui d'autre.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Pourquoi ne pas recycler ce merveilleux talent ? Pourquoi ne pas réussir
ailleurs ce qu'il réussit si bien dans ce petit troquet sans âme et sans
charme ? Chacun de nous est sommé de se mettre en valeur, de se vendre au
mieux, mais comment fourguer l'encombrant produit que l'on est sans se
solder ? Comment se vendre sans tapiner ou flagorner ? Fini les CV
copiés collés, les entretiens malhabiles, les parcours du combattant. Terminés
les tests foutraques, les autocongratulations vides de sens. Pour bien se
vendre sur le grand Marché infini qui bouffe toutes les dimensions humaines,
envoyons les fantassins du verbe fleuri, les mousquetaires de la distribution
des prix, les mercenaires du mot qui fait mouche.&lt;br /&gt;
Des armées d'amoureux transis qui déclament leur flamme à des parterres de
patrons de blasés.&lt;br /&gt;
Jusqu'à les faire bander.&lt;br /&gt;
Enfin !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=208c9b12-2f68-801f-9d72-3909ad05ca5b&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Cachez ce sein...</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/11/Cachez-ce-sein</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ff094a0d0e878c874bfcfe5482b8420a</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 22:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Poil à gratter</category>
        <category>civilisation</category><category>débat</category><category>enfance</category><category>femmes</category><category>humanité</category><category>inégalités</category><category>médias</category><category>politique</category><category>santé</category><category>sexualité</category><category>société</category>    
    <description>&lt;p&gt;Dans les journaux, dans les hôpitaux, dans les alcôves, à la télé, sur les
plages, dans la rue, à la radio, dans le lit, dans l'espace public comme dans
la plus stricte intimité, l'OPA sur &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/18/Ceci-est-mon-corps&quot;&gt;le corps des femmes&lt;/a&gt; ne cesse
jamais ! Et c'est encore pire quand le féminisme médiatiquement correct
s'en mêle !&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4349077066/&quot; title=&quot;Cachez ce sein... de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4022/4349077066_ab1128c032.jpg&quot; alt=&quot;Cachez ce sein...&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;375&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Aujourd'hui, c'était la journée Élisabeth Badinter sur France
Inter.&lt;br /&gt;
Ça tombe bien, ça rime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Badinter, c'est du lourd, c'est du sérieux, une philosophe, une intellectuelle
féministe. Et comme le souligne le film de &lt;a href=&quot;http://www.ladominationmasculine.net/&quot;&gt;La Domination masculine&lt;/a&gt;, en terme
de défense du droit des femmes, il y a encore du boulot, des marches à gravir
et surtout des étapes à ne pas repasser en marche arrière, comme ce serait un
peu la tendance en ce moment. Des combats à mener pour les droits des femmes,
ça ne manque pas. Rien que pour l'exemple, prenons l'inégalité la plus
fondamentale de toutes, celle qui rogne bien des ailes et rend bien dépendantes
la plupart d'entre nous, l'inégalité devant l'emploi, que ce soit en terme
d'accès ou de salaire. &lt;a href=&quot;http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1285.html&quot;&gt;Mieux éduquées que les
garçons&lt;/a&gt;, nous sommes tout de même &lt;a href=&quot;http://www.metrofrance.com/info/les-galeres-d-une-vie-au-smic/pjbj%212X63Nb9VlbdQgMIi@curQg/&quot;&gt;
deux fois plus nombreuses qu'eux à ramer au SMIC&lt;/a&gt;, l'insultant petit salaire
minimum que ce gouvernement maintient fermement &lt;a href=&quot;http://inventerre.canalblog.com/archives/2009/12/30/16324259.html&quot;&gt;sous la
ligne de flottaison budgétaire&lt;/a&gt;. Et les hommes gagnent en moyenne 37 %
de plus que les femmes. Si l'écart de rémunération s'était réduit de 1972 à
1993 sous la pression des mouvements féministes, il se maintient fermement
depuis, ce qui laisse penser qu'il y a encore bien du travail à faire sur ce
seul chapitre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et ne parlons pas de tout le reste, de toutes &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/01/16/39-regimes-totalitaires-enjeux-du-corps-social&quot;&gt;les autres
contraintes du corps social&lt;/a&gt; sur le corps des femmes, toutes les injonctions
physiques, comportementales, &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/01/15/38-delit-de-gros-cul&quot;&gt;vestimentaires&lt;/a&gt;, sociétales, qui
nous enferment, nous limitent, nous entravent, nous écrasent finalement aussi
sûrement qu'&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/01/Sa-burqa-dans-notre-gueule&quot;&gt;une bonne
grosse burqa mentale&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Il faut&lt;/q&gt;, &lt;q&gt;y a qu'à&lt;/q&gt;, &lt;q&gt;tu dois&lt;/q&gt;, les normes, les mensurations,
les regards, les obligations, nous sommes d'éternelles mineures, nous sommes en
permanence sous tutelle, sous contrôle. La mode dicte notre couleur préférée du
mois; le médecin, notre poids idéal; l'employeur, régulièrement, notre coupe de
cheveux, la longueur réglementaire de la jupe. Nous sommes même à présent
soumises à l'impératif médiatique de l'orgasme et on en profite pour &lt;a href=&quot;http://www.point-g.info/?histoire-godemiche-clitoris&quot;&gt;re-banaliser l'usage de
la machine à jouir&lt;/a&gt;, astucieusement rebaptisée &lt;em&gt;sex toy&lt;/em&gt; pour
l'occasion. On légifère abondamment sur le tissu religieusement ostentatoire...
mais surtout lorsqu'il est porté par les femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bref, il y a de quoi faire sur le front de la libération des femmes dans notre
société, même la nôtre, soi-disant si évoluée, aussi j'attendais un peu mieux
du poids lourd de la philo féministe qu'un brûlot un peu constipé autour de
&lt;a href=&quot;http://www.marianne2.fr/Le-voile-Elisabeth-Badinter-prefere-parler-de-couches-culotte_a185082.html&quot;&gt;
la seule question de la maternité et plus particulièrement de
l'allaitement&lt;/a&gt;. D'un seul coup d'un seul, le problème n'est plus de se
manger un plafond de verre dans la société parce que nous sommes
immanquablement soupçonnées d'être des &lt;em&gt;serials&lt;/em&gt; pondeuses complotistes
qui ne rêvent que de se goinfrer des chapelets de congés parentaux aux crochets
de la société en général et de l'entreprise en particulier, non, le vrai
problème, c'est la dictature de l'allaitement maternel, le modèle
maternant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Personnellement, si la pesanteur n'avait pas déjà commencé à s'en charger, les
seins m'en tomberaient jusqu'aux chevilles, encadrant magnifiquement ma
mâchoire béante. Parce que dans le vrai monde où je vis, on ne peut pas dire
que j'ai été poussée, même gentiment, sur la voie de l'allaitement maternel.
Enfin, si, juste au début, le temps de comprendre que le biberon, c'est
tellement mieux, surtout pour reprendre le boulot à la fin du congé
réglementaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Biberon ou nichon, telle est la question.&lt;br /&gt;
Productivisme ou temps de vie, telle est la réponse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut &lt;a href=&quot;http://www.avoodware.com/blog/files/sein-ou-biberon.html&quot;&gt;arguer de l'intérêt
du biberon pour l'égalité&lt;/a&gt; de la participation parentale dans le couple,
c'est même un argument qui pourrait se tenir, le côté pratique, l'indépendance
de la femme et tout ça, mais derrière la prise de position furieusement
post-moderne et avant-gardiste de la Bandinter, je sens poindre d'autres
considérations nettement plus pragmatiques, plus en adéquation avec la
marchandisation des pratiques, des vies, la soumission implicite aux besoins
impérieux de l'entreprise-monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avoir un enfant qui grandit dans le ventre modifie pas mal les perspectives,
les priorités, pousse à l'introspection et à la remise en question de bien des
certitudes de cartons-pâtes à l'usage de ceux qui n'aiment pas creuser dans la
fosse à purin des idées préconçues. Forcément, avec le ventre qui se distend et
ces seins, encore plus gros et lourds que d'habitude, on finit par se poser la
question de l'allaitement. Et franchement, même enceinte jusqu'aux dents, je ne
pouvais concevoir &lt;strong&gt;qu'une créature puisse me boire&lt;/strong&gt;. Comme une
outre, comme une vache, comme un mammifère, justement. De ces seins allait
sortir du lait et l'idée même de cette sécrétion m'était vaguement
écœurante.&lt;br /&gt;
Mais voilà, je ne suis justement pas qu'une vache. Je suis une personne, douée
de langage et de conscience. Je peux donc réfléchir à un problème et prendre
une décision par moi-même, en fonction de ce que je sais, de ce que je suis, de
ce que je veux, de ce que je désire. Parce que je suis aussi éthologue, je
savais que l'apprentissage du goût, &lt;em&gt;in utero&lt;/em&gt;, quand l'enfant déglutit
en permanence le liquide amniotique parfumé par mes choix alimentaires, que cet
apprentissage se poursuit pendant l'allaitement maternel. De la même manière,
je savais que le contact induit par l'allaitement, le croisement des regards,
tous ces moments aident à l'édification du lien affectif parfois difficile à
mettre en place entre un enfant et sa mère. Je savais aussi que l'allaitement
maternel n'est pleinement efficace pour la santé du nourrisson que s'il est
exclusif pendant au moins les 6 premiers mois de vie. Je savais donc aussi
forcément que ce choix ne pourrait que se faire à l'encontre des normes
édictées par la législation du travail, laquelle n'est pas compatible avec ces
impératifs biologiques.&lt;br /&gt;
Et c'est bien là que le bât blesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis aussi indisposée par les ayatollahs de la mamelle maternelle au long
cours, érigée en alpha et oméga de la parentalité au féminin, que par les
arguties aux implications commerciales et productivistes des thuriféraires du
biberon. Parce que les uns comme les autres, je les trouve particulièrement
indifférents à la volonté et au ressenti des femmes, prompts à défendre des
intérêts qui ne sont pas forcément les nôtres à nous déposséder, une fois de
plus, de ce qui me semble &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/03/04/Ce-que-veulent-les-femmes&quot;&gt;l'essentiel de la lutte pour les
femmes&lt;/a&gt; : &lt;strong&gt;le droit inaliénable au choix&lt;/strong&gt;!&lt;br /&gt;
Mamelon ou biberon, couches jetables ou lavables, travail ou foyer, avoir des
enfants ou pas, avoir un compagnon, ou plusieurs, ou aucun, au final, ce dont
on a vraiment besoin, c'est d'avoir le choix. Le choix de prendre le temps
d'une aventure rare dans une simple vie de femme. Le choix de ne pas
s'attarder, de ne pas s'attacher. Le choix du rythme. Le choix du mode de vie.
Et non la juxtaposition anarchique des injonctions contradictoires qui
prétendent nous dicter ce que nous sommes, ce que nous voulons, qui nous
enferment dans des modèles, des configurations, des normes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains et &lt;a href=&quot;http://blog.plafonddeverre.fr/post/Pour-qui-roule-Elisabeth-Badinter&quot;&gt;certaines&lt;/a&gt;
se demandent pour &lt;a href=&quot;http://www.rue89.com/2010/02/11/elisabeth-badinter-actionnaire-feministe-dun-publicis-sexiste-137891&quot;&gt;
qui pédale la Badinter&lt;/a&gt; qui a monopolisé le crachoir aujourd'hui. Ce dont je
suis sûre, c'est que ce n'est sûrement pas pour la cause des femmes et qu'avec
des soutiens comme le sien, &lt;a href=&quot;http://www.blogg.org/blog-26513-billet-eric_zemmour__le_premier_sexe-522334.html&quot;&gt;
le féminisme n'a plus besoin d'ennemis&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=21ac8c80-597f-803a-ab91-cc266f3b7310&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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  <item>
    <title>La stratégie de la muleta</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/03/La-strategie-de-la-muleta</link>
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    <pubDate>Wed, 03 Feb 2010 09:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Poil à gratter</category>
        <category>chômeur</category><category>citoyen</category><category>civilisation</category><category>confiscation démocratique</category><category>discours</category><category>démocratie</category><category>femmes</category><category>folie</category><category>guerre</category><category>inégalités</category><category>Les Affabulateurs</category><category>liberté</category><category>libéralisme</category><category>lutte</category><category>multinationales</category><category>pauvreté</category><category>putes</category><category>racisme</category><category>religieux</category><category>société</category><category>violence</category>    
    <description>&lt;p&gt;Chacun a pu remarquer que &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/01/Sa-burqa-dans-notre-gueule#comments&quot;&gt;la palette des
opinions&lt;/a&gt; (pourtant bien tranchées) a été largement accueillie ici suite à
&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/01/Sa-burqa-dans-notre-gueule&quot;&gt;mon papier sur la loi
antiburqa&lt;/a&gt;. Cela dit, il en est de la burqa comme de la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Muleta&quot;&gt;&lt;em&gt;muleta&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; : agitez le bout
de chiffon, cela excitera l'animal à coup sûr, l'empêchant de penser, alors que
le matador s'apprête à lui asséner le coup de grâce.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/1070076924/&quot; title=&quot;Le vieux manifestant de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm2.static.flickr.com/1151/1070076924_7c5571a302.jpg&quot; alt=&quot;Le vieux manifestant&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;500&quot; width=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Ainsi donc, j'ai pris position au sujet de la LOI interdisant
la burqa. Pas sur le port de la chose en lui-même. Comment peut-il y avoir des
commentateurs qui pensent que je défends l'enfermement des femmes sous un truc
qui les empêche de voir correctement, qui doit entraver les mouvements, coller
l'été, etc. ? Ce n'est pas de cela dont je parle, mais bien d'une loi qui
prétend sauver les femmes de la burqa en les punissant.
&lt;p&gt;Imaginons un peu une loi qui punirait les femmes d'avoir la gueule en
sang : &lt;q&gt;ben oui, faut arrêter de se complaire avec un sale type qui te
frappe, ma poule !&lt;/q&gt; Le principe de la loi, c'est de dire que les femmes
subissent la burqa, qu'elles sont contraintes de la porter et qu'il faut
donc... les verbaliser pour les libérer...!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ça me rappelle un peu les lois sur &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2006/03/08/184-les-putains&quot;&gt;les putains&lt;/a&gt; : sous prétexte de les
libérer des macs et des réseaux d'exploitation de chair dénudée..., on a
renforcé la législation contre... les putains. C'est sûr que d'être encore plus
pourchassées, emprisonnées, rançonnées et reléguées à la périphérie des beaux
quartiers, ça a dû vachement aider les femmes à sortir de la prostitution.
C'est aussi un peu comme le sempiternel projet de loi qui aimerait bien couper
les subsides sociaux aux parents d'enfants difficiles. Là aussi, j'imagine à
quel point de se retrouver dans la misère la plus sordide va bien aider les
parents dépassés à améliorer l'éducation de leurs mômes rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, toutes ces lois qui se proposent d'aider les gens en les punissant
me fait un peu penser à la BD de Reiser &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070370054/bedetheque-21&quot;&gt;On vit une
époque formidable&lt;/a&gt;&amp;quot;, détaillant les différences de traitement entre les
riches et les pauvres, BD encore plus pertinente aujourd'hui que du temps de sa
sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi qui punit n'aide en rien ceux qui en sont la cible. D'ailleurs,
certains commentaires à la suite de mon premier article, ici ou sur &lt;a href=&quot;http://www.marianne2.fr/Burqa-punir-d-abord,-aider-ensuite_a184599.html&quot;&gt;d'autres
médias qui l'ont repris depuis&lt;/a&gt;, sont assez édifiants sur la considération
que les partisans du gourdin antiburqa ont pour la cause des femmes à libérer
de l'étouffant tissu : ils s'en branlent ! Tout ce qu'ils veulent,
c'est qu'on nettoie leur paysage de cette vision-là, de ces créatures que leur
discours déshumanise. Vous savez d'ailleurs quelle est la nature réelle d'un
discours qui déshumanise l'autre, qui le rejette, le nie, l'efface, n'est-ce
pas ? Ou n'avez-vous aucune mémoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;&quot;&gt;La loi antiburqa, c'est comme les arrêtés antimendicité, la loi
antiputes et toutes les autres saloperies que la droite nous pond depuis des
années : le nettoyage de l'espace public à l'usage des bons petits
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/White_Anglo-Saxon_Protestant&quot;&gt;WASP&lt;/a&gt; de
centre-ville. Les putes, les voiles, les clodos et tout ce qui n'est pas bien
coulé dans le moule est donc prié de dégager de la vue outragée des bons
citoyens démocrates du centre-ville et d'aller se tabasser et crever entre eux
dans les banlieues et toutes les autres zones de relégation où on planque sous
le tapis tout ce que notre belle société bien propre produit comme déclassés
depuis plus de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4321247523/&quot;&gt;La
photo qui illustre l'article&lt;/a&gt; a été choisie à dessein : virons de nos
lieux de résidences|villégiature|consommation le voile intégriste et offensant
qui arrive des ghettos de pouilleux en nous en rappelant malencontreusement
l'existence, comme une tâche dans notre modèle de société pourtant si mignon,
mais qu'avons-nous à redire au voile des femmes des riches Arabes en goguette
qui viennent faire péter leur carte platinium dans les temples de la
consommation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous en avions quelque chose à foutre du destin de ces femmes enfermées
sous leur prison de tissu, tout comme nous en aurions quelque chose à foutre du
destin des putains, des clodos, des drogués, des fous, etc., ce n'est pas à une
loi répressive de plus que nous applaudirions, mais à une amélioration globale
de notre tissu social. Pas de flics pour les exclus et les marginaux, mais des
logements décents et abordables pour tous, des espaces d'accueil et d'écoute,
de véritables stratégies de formation professionnelle tout au long de la vie,
pour donner plus d'autonomie à tous ceux qui en manquent tellement, qui sont
dans la dépendance, de vraies lois qui protègent et non des lois qui
stigmatisent et isolent encore plus, des lois, aussi, pour améliorer l'égalité
des droits — et non des chances, l'égalité des chances, quelle monstruosité
sémantique et sociétale : pourquoi pas le bulletin de vote à la loterie
nationale, pendant qu'on y est ? — à l'accès à un emploi décent. Voilà ce
dont nous aurions TOUS besoin, les inclus (mais de moins en moins) et les
exclus, itou.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;&quot;&gt;Mais non, pas d'autonomie, pas d'indépendance, pas de libération
pour ceux que la pompe en fleur de cuir et à talon ferré du capitalisme
triomphant et prédateur &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/03/30/Quand-la-merde-monte&quot;&gt;écrase
chaque jour un peu plus dans leur merde&lt;/a&gt;. Non, pas d'amélioration sociale en
vue. Ni pour eux, ni pour nous. D'où la nécessité de ces lois iniques qui nous
montent les uns contre les autres, qui désignent à la vindicte des bons
citoyens en instance de déclassement &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/11/10/143-anatomie-du-bouc-emissaire&quot;&gt;l'ennemi, le responsable,
celui par lequel le malheur arrive&lt;/a&gt;, celui ou celle qu'il faudra
pourchasser, éliminer quand le trop-plein de &lt;a href=&quot;http://lamerditudedeschoses.com/&quot;&gt;merditude ordinaire&lt;/a&gt;, de frustration, de
paupérisation programmée, devra exploser. Ces lois canalisent notre haine, nous
détournent de ce qui devrait être nos buts, nos aspirations, nos
revendications. Un coup bas pour nous, un coup bas pour eux, histoire de nous
faire oublier notre douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'égalité salariale entre hommes et femmes se fait attendre encore et
toujours ? Criminalisons les putes !&lt;br /&gt;
Le mal-logement touche 10 % de la population des honnêtes
travailleurs ? Embastillons les clodos !&lt;br /&gt;
La modération salariale vide les porte-monnaie de la classe moyenne ?
Contrôlons les chômeurs !&lt;br /&gt;
Le tissu social implose sous le poids du travail morcelé ? Dégageons les
putes des beaux quartiers !&lt;br /&gt;
Les travailleurs souffrent de leurs conditions de travail dégradées? 
Bouttons les clandos hors de France !&lt;br /&gt;
Ils bouffent des antidépresseurs pour tenir et se pendent à leurs
ordinateurs ? Traquons la boulette de shit jusque dans les chiottes des
lycées !&lt;br /&gt;
Les gamins n'ont pas d'avenir ? Interdisons-leur d'en discuter dans les
halls d'immeuble, puisque c'est là tout ce qui leur restait !&lt;br /&gt;
Le patronat graisse les pattes sous les tables de négociations et les
travailleurs n'auront pas de retraite ? Traînons en justice les
syndicalistes, les grévistes et les &lt;em&gt;gôchistes&lt;/em&gt; des cambrousses
profondes !&lt;br /&gt;
Les multinationales de l'assurance et des médicaments mettent à genou la
Sécu ? C'est de la faute aux malades, tous des hypocondriaques qu'il
convient de faire raquer toujours plus !&lt;br /&gt;
Les entreprises délocalisent et les chômeurs arrivent en fin de droit ? Il
est temps de faire cracher au bassinet le RSAste menteur, profiteur et
fraudeur !&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/09/Ceci-n-est-pas-une-crise&quot;&gt;Les banquiers ont vidé les
caisses de l'État&lt;/a&gt;, l'économie qui fait les poches des pauvres pour remplir
celles des riches est au bord du gouffre ? C'est qu'il est grand temps de
lancer la guerre perpétuelle contre les salopards de terroristes qui nous
menacent chaque jour et on va commencer par leurs femelles
enburqadées !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentrez chez vous, mes bons amis !&lt;br /&gt;
Rentrez chez vous, mes agneaux !&lt;br /&gt;
Fermez vos volets et vos portes, bien soigneusement !&lt;br /&gt;
Fermez vos oreilles et vos cœurs, mes chers administrés !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors, les meutes de gueux rodent et vous menacent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne craignez rien, nous vous protégeons !&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=55d66aa2-28ef-82b3-aa5b-1080b5386e9b&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>Sa burqa dans notre gueule</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/02/01/Sa-burqa-dans-notre-gueule</link>
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    <pubDate>Mon, 01 Feb 2010 12:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Poil à gratter</category>
        <category>civilisation</category><category>débat</category><category>démocratie</category><category>femmes</category><category>histoire</category><category>humanité</category><category>liberté</category><category>lutte</category><category>migrations</category><category>politique</category><category>religieux</category><category>société</category><category>solidarité</category><category>éducation</category>    
    <description>&lt;p&gt;Quelle drôle d'époque, tout de même, où sous prétexte d'aider les
&lt;q&gt;victimes&lt;/q&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.lefigaro.fr/politique/2010/01/09/01002-20100109ARTFIG00050--pourq-u-oi-il-faut-une-loi-anti-burqa-.php&quot;&gt;
on commence systématiquement par les punir&lt;/a&gt;!&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4321247523/&quot; title=&quot;À Euro Disney de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4009/4321247523_d6179a3232.jpg&quot; alt=&quot;À Euro Disney&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;500&quot; width=&quot;334&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Toutes choses égales par ailleurs, j'aimerais bien avoir sous la
main la burqa de poche que l'ami Jean avait rapportée l'année dernière de l'un
de ces innombrables voyages autour du monde. Parce qu'il arrive dans la vie des
jours où on préférerait se coller un balai de chiotte sur la tête plutôt que de
devoir exposer à la face du monde son visage transformé en cul de babouin. Bien
sûr, j'anticipe un possible ratage lors du prochain épisode de &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/07/21/La-guerre-du-poil-aura-bien-lieu&quot;&gt;ma guerre personnelle
contre le poil&lt;/a&gt;, le foutu poil que j'ai décidé d'occire vigoureusement et
définitivement de ma figure à grands coups (et coûts, aussi...) de technologie
directement issue de la Guerre des Étoiles. Bien sûr, il ne s'agit là que d'un
petit inconvénient passager, circonscrit dans le temps et l'espace, mais cela
devrait tout de même quelque peu compliquer ma socialisation pendant les
quelques heures où ma peau va réagir énergiquement en rougeoyant comme un phare
au milieu des ténèbres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/01/16/39-regimes-totalitaires-enjeux-du-corps-social&quot;&gt;obligation
implicite d'exposer nos corps&lt;/a&gt; et encore plus nos visages dans l'espace
public s'accompagne de l'injonction informelle et constante de ne pas y
déparer. Autrement dit, malheur aux têtes de pou et aux gros culs! Ha,
j'entends déjà le chœur des féministes outragées par l'étrange cheminement de
ma pensée en cette veille d'équarrissage de façade. Quelle légèreté que de
deviser doctement sur l'énÔrme affaire politique qu'est cette histoire de voile
et/ou de burqa qu'en l'abordant du côté purement esthétique de l'affaire !
Bien sûr, ce n'est là qu'une galéjade, un gentil clin d'œil pour faire chauffer
ceux qui ont déjà une opinion bien tranchée sur la question. Il n'empêche que
demain, j'ai intérêt à ce qu'il fasse bien froid pour pouvoir rabattre mon
écharpe sur ma disgrâce du moment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je pourrais donc pérorer sans fin sur les valeurs républicaines, la religion,
l'athéisme, la laïcité, la visibilité de certaines et non d'autres dans
l'espace public, je pourrais, effectivement, mais je préfère vous raconter une
histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;La victoire... tout doucement&lt;/h3&gt;
&lt;br /&gt;
Nous sommes au tout début des années 90 et je viens d'intégrer ma deuxième
année de sociologie à l'université de Toulouse-le-Mirail. Il s'agissait pour
moi d'une grande victoire : grande victoire sur un premier ratage
universitaire (un semestre éthylique et improductif en biologie avant abandon
complet en rase campagne), grande victoire aussi, sur ma trajectoire sociale,
puisque me voilà première femme de la famille à faire des études supérieures,
grande victoire tout court : j'ai eu suffisamment de bonnes notes pour
enfin percevoir une bourse d'études.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis logée dans la toute neuve et pimpante résidence universitaire des
Humanités. Tellement neuve que je me suis déjà réveillée dans ma studette avec
un peintre en train de badigeonner mes murs pendant qu'un électricien
s'empressait de visser mes appliques. Les Humanités, cette année-là, c'est un
peu la Babel universitaire. Les étudiants viennent de partout, de toutes les
régions, tous les pays, tous les continents. Nous avons même un
&lt;em&gt;&lt;acronym title=&quot;citoyen de la ex RDA&quot;&gt;Ossi&lt;/acronym&gt;&lt;/em&gt; qui vient tout
juste d'escalader les restes du mur pour venir parfaire son Français dans la
ville rose, ce qui est, par ailleurs, une option que je ne conseille à
personne, tant l'accent lui posera de problèmes lors de son retour au
pays.&lt;br /&gt;
Et nous avons une femme voilée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle est arrivée un beau matin, entourée d'un aréopage de grands frères et de
cousins et ne sort de sa studette que pour se rendre en cours, parfois seule,
mais le plus souvent accompagnée d'une sorte de garde du corps. Elle est un
sujet de curiosité et d'inquiétude, un sacré sujet de conversations aussi bien
sûr, tant ce voile qui dissimule sa chevelure la rend visible et excite les
imaginaires. Son seul acte socialisé a été de réclamer la pose de volets à la
fenêtre de sa chambre. Il faut dire que les architectes ont été un peu molles
du genou sur cette question : s'il y a bien des volets qui occultent les
fenêtres des façades extérieures de la résidence, rien n'a été prévu pour les
chambres se faisant face au-dessus de la cour intérieure, ce qui est d'autant
plus amusant que c'est le bâtiment des garçons qui observe ainsi celui des
filles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fille voilée est la seule de son espèce sur tout le campus et plus que son
voile ou sa garde rapprochée, ce sont nos regards qui l'isolent du reste du
microcosme estudiantin. Il m'est arrivé deux ou trois fois de la croiser au
détour d'un des interminables couloirs qui délimitent l'UFR de sciences
sociales. Je sais ainsi qu'elle prend des cours de sociologie, tout comme moi,
et aussi d'histoire et de géographie. Si la plupart des étudiants ont un temps
d'arrêt en la croisant, avant de reprendre leurs activités normales et
indifférentes, quelques-uns sont assez excités contre cette invasion pourtant
bien discrète. Les opposants larvés et grincheux à la présence de cette fille
voilée ne se recrutent pas tant dans les rangs des féministes, des gauchistes,
des laïcards et des républicains de tous poils que dans ceux qui revendiquent
assurément leur appartenance au catholicisme bien droit dans ses petits
mocassins à glands, sa jupe plissée, son carré lisse coincé sous un serre-tête
en écaille et sa jolie petite croix d'argent étincelant vaillamment sur le
sempiternel pull en cachemire, rabattu négligemment sur les épaules en mode
été.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même encore aujourd'hui, je repense parfois à la fille au voile. Je n'ai jamais
pu l'approcher, jamais pu lui parler. Je ne connais pas son nom, ni son
parcours, ni sa trajectoire. Mais je me souviens encore parfaitement de sa
petite silhouette arrondie par ce tissu si dérisoire et si important à la fois.
Personnellement, je m'en foutais de son hidjad, tout comme je m'en foutrais
aujourd'hui, de sa burqa. Parce que sa présence parmi nous ne m'a jamais mise
en danger, ne m'a jamais remise en question, ne me menaçait en aucune manière,
que ce soit dans ma vie ou mes convictions. Parce que sa présence parmi nous,
tellement étrange et impromptue pour l'époque, sa présence me faisait
sourire.&lt;br /&gt;
Elle me faisait sourire parce que je ne pouvais pas m'empêcher de penser que
sous ce voile, il y avait une jeune femme, comme moi, une jeune femme qui
s'était probablement battue pour pouvoir être là et apprendre ce qu'elle
apprenait. Parce que sous ce voile, il y avait un cerveau qui se nourrissait
des savoirs stockés dans l'université, un regard sur le monde qui évoluait
comme évoluait le mien et qu'importe son accoutrement ou la présence un peu
étouffante de son escorte. Pour moi, tout ce qui comptait et tout ce qui compte
toujours, c'est que le simple fait qu'elle soit parmi nous était déjà une
victoire. Une victoire pour elle et pour toutes les autres femmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je repense à cette fille voilée et chaque fois que j'entends un crétin qui
prône l'exclusion de ses sœurs, je ne peux m'empêcher de penser que le chemin
de la liberté ne passe assurément pas par l'interdit, l'exclusion ou le retour
à la maison, bien planquée, bien cachée et bien loin des regards finalement
bien méprisants des bien-pensants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=ec37150a-20d7-84e0-80fc-7a374c49041c&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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  <item>
    <title>Que ma joie demeure</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/29/Que-ma-joie-demeure</link>
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    <pubDate>Fri, 29 Jan 2010 17:34:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
        <category>chroniques</category><category>humanité</category><category>moment</category>    
    <description>&lt;p&gt;Le ciel est tellement bas sur les collines brunies par l'hiver et le manque
de soleil qu'il se cogne en de longues larmes froides sur la vitre de mon
bureau.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4293317505/&quot; title=&quot;Petit matin d'hiver de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4018/4293317505_fac460a6ea.jpg&quot; alt=&quot;Petit matin d'hiver&quot; style=&quot;float: right;&quot; height=&quot;334&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L'âme humaine n'aime rien tant que d'emprunter les improbables
montagnes russes de l'humeur. La délicatesse d'une corolle qui affleure en une
longue cicatrice de couleur sur la peau tendue d'un bourgeon gorgé de vie, le
souffle tiède d'une brise de printemps qui peigne tendrement notre chevelure,
la lumière orangée du soleil rasant de fin de journée qui embrase le paysage le
plus désolé, et nous voilà le siège de transports incontrôlés, nous voilà
capables d'enjamber les montagnes et de courir sur l'eau. Parfois, l'instant
magique s'étire au-delà de toute raison, de toute contingence extérieure et
nous rayonnons de notre seule joie d'être &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/04/09/Maintenant-ou-jamais&quot;&gt;ici et maintenant&lt;/a&gt;, forts, vivants,
en pleine santé, avides de ressentir ce monde qui est le nôtre. Combien est
délicieuse cette manière que nous avons de léviter au-dessus des petits tracas
et grandes déconvenues qui ravinent l'existence tout en lui donnant tout son
relief, toute sa substance. Trois baffes pour un éclat de bonheur. Souvent
plus, parfois moins.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Mais vient toujours le temps de la facture, le moment où le corps se fait lourd
et où le regard s'éteint. Le moment où l'on traverse le miroir des lunettes à
voir le monde plus beau qu'il ne l'est vraiment, ce moment-là est encore plus
fugace et insaisissable que le premier voyage dans l'autre sens. La machine se
grippe. Le soufflé retombe. La réalité, parfois tellement âpre qu'on dirait un
remède de grand-mère, rattrape le rêveur de mondes et lui broie ses ailes de
papier. Épinglé comme un sublime papillon sur son lit de liège, la bête se
meurt tandis que ses couleurs ternissent déjà. Il ne reste plus que
l'insupportable lourdeur de la condition humaine, cette effrayante pesanteur de
l'être, engluée comme un golem des marais dans l'argile collante de nos peurs,
de nos hésitations et de nos regrets. Les rires s'étranglent, les sourires se
figent en d'immondes grimaces qui caricaturent nos propres traits. Chaque petit
instant précieux arraché à la noirceur de ces temps qui s'écoulent comme un
fleuve de goudron n'est plus une respiration, mais une gifle qui rend encore
plus insupportable l'instant présent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/07/26/Entropisme-du-danseur&quot;&gt;Éternels funambules&lt;/a&gt;, il
nous suffit d'un rien pour basculer d'un côté comme de l'autre : un mot de
trop, un autre ravalé, l'humeur assassine se nourrit d'elle-même et voit en
chaque instant, en chaque événement, de quoi conforter son emprise mortifère,
son étreinte froide et humide comme une petite pluie d'hiver qu'un vent glacial
fouette sur nos visages engourdis. Ce n'est pas par hasard que les Romains
avaient fait de février, avec son ciel bas et opaque, le mois le plus court de
l'année. Et là, pendant que de sombres pensées rodent dans mon paysage
intérieur, je me surprends à avoir la nostalgie de lendemains rieurs et baignés
de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=2e75262a-36c8-895a-bbb7-e3f2dcfe35a9&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Le Oueb trois point zéro près de chez toi</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/27/Le-Oueb-trois-point-zero-pres-de-chez-toi</link>
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    <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 10:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Logiciels libres</category>
        <category>communication</category><category>histoire</category><category>humanité</category><category>Internet</category><category>médias</category><category>société</category><category>travail</category>    
    <description>&lt;p&gt;Au commencement, il y avait la socialisation par les pieds : tu
connaissais surtout les gens qui vivaient autour de toi et parfois, un hirsute
voyageur poussiéreux, débarqué de quelque obscure contrée, des histoires
nouvelles et captivantes plein la besace.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4298193942/&quot; title=&quot;Hivernage de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4068/4298193942_2b136bfa50.jpg&quot; alt=&quot;Hivernage&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;334&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Tu
parlais surtout avec les membres de ta famille, avec les voisins et aussi avec
les autres gars du clan, surtout quand il y avait un pot à la caverne
principale ou une bonne chasse ou une cérémonie un peu festive, avec les
blagues salaces de tonton Norbert. Faut pas croire, tonton Norbert a toujours
sévi, il ne date pas juste du mariage de ta cousine l'été dernier, il n'a pas
d'âge, pas d'époque, il était déjà là avant même que le langage existe, je suis
certaine qu'il mimait déjà sur son arbre des trucs inracontables en bonne
société. Cela dit, on aime bien tonton Norbert, c'est juste qu'il faut avoir
son humour bien chevillé au corps et qu'il convient de n'être pas un doux
rêveur avec une opinion nettement minoritaire. Parce que dans ce cas, on avait
vite fait de se sentir seul et de n'avoir plus qu'une envie : c'est
prendre la route fissa, malgré les forêts elfiques, les trolls de grand chemin
et les ombres hurlantes des fossés, quitte à devenir soi-même un vagabond
hirsute et poussiéreux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première grande révolution humaine ne fut ni le feu, ni le fer, ni
l'imprimerie, ni même la roue ronde (tellement plus pratique que la roue
carrée), mais le courrier, c'est à dire quand il s'est trouvé des couillons
pour porter tes mots au-delà des frontières naturelles de ton bled, qu'il
pleuve, qu'il vente, qu'il chavire ou qu'il &lt;em&gt;bandite&lt;/em&gt; de grand chemin.
C'est beau le courrier, quand on y pense un peu ! La petite missive roulée
sous les aisselles, cachetée de rouge baiser, la belle lettre d'amour dont les
envolées lyriques arriveront peut-être à toucher le cœur de la belle
jouvencelle lointaine un peu avant sa ménopause, le pli officiel qui, lui, ne
se perd jamais en chemin, et le catalogue de La Redoute, l'ultime avatar de
l'épopée postale, avec ses pages lingeries qui ont œuvré durant des générations
à l'édification sexuelle et fantasmatique du jeune prépubère boutonneux au rire
de rocaille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h2&gt;&lt;q&gt;Internet sera le monde des experts&lt;/q&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;br /&gt;
En novembre 1998, je suis recrutée comme chargée d'études Internet et c'est mon
chef de projet qui parle ainsi, un improbable croisement entre Michel Rocard
pour l'élocution, Jacques Delors pour l'europhilie exacerbée et Philippe Gildas
pour l'incomparable fraîcheur de son accent « french touch » quand il
doit baragouiner en anglais auprès d'un de ses nombreux interlocuteurs de la
division « Geeks » de la communauté européenne. À ce moment, Internet
est encore plus géant qu'aujourd'hui parce qu'il est porteur de tous les
espoirs, de tous les délires de village global que les vagabonds poussiéreux de
mon espèce n'ont jamais portés. Internet, c'est le Far West, le monde des
pionniers, des aventuriers, des défricheurs : tout est encore à inventer.
C'est totalement bordélique, absolument exaltant et seuls quelques barjots qui
marmonnent dans leur pipe arrivent à voir au-delà de la prochaine
moraine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;L'avenir est dans les forums, c'est là que les gens trouveront les experts
capables de répondre à leurs questions.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michael a raison. On l'appelle Michael en hommage sournois à &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Groland&quot;&gt;Michael Keal&lt;/a&gt; de CANAL+, &lt;em&gt;private
joke&lt;/em&gt; de geek dont l'origine s'est perdue pendant que le diable fumant
usait des générations de kikis stagiaires avec ses fulgurances cybernétiques.
Nous étions sa première portée de jeunes chiots enthousiastes. Le surnom lui
est resté.&lt;br /&gt;
Comment seulement imaginer les forums sur Internet à l'époque des blagues de
banquet de tonton Norbert ? La possibilité immédiate (enfin, dans la
limite du débit disponible) d'accéder à des tas de gens qui ont les mêmes
centres d'intérêt que toi et cela indépendamment de leur âge, de leur sexe et
surtout de toute contingence géographique. Jusque-là, on fréquentait les gens
que l'on pouvait rencontrer et on tentait de se trouver des obsessions
communes. Et voilà qu'on doit trier dans la profusion d'entités capables de
palabrer des heures durant et sans lassitude de la culture des ananas sous
serre au Groenland, de la meilleure manière d'aborder la face sud du Pic du
Midi ou des mérites et omissions comparées de la énième directive
européenne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais ce n'était que le Web 1.0, celui des mails, des forums et des sites
perso. Le Net de papi, donc. Ce que Michael n'avait pas vu à travers l'odorant
brouillard que sa pipe s'acharne toujours à alimenter au-dessus des claviers,
c'est la révolution des réseaux sociaux, le fameux Web 2.0.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Perso, je ne vois pas l'intérêt de Facebook ou de Twitter.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ben, ça te permet de créer du lien informel. Dans le cas de Twitter, par
exemple, c'est comme si tu étais à la fois connecté à l'AFP du pauvre et au
café du commerce.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Oui, je comprends bien comment ça fonctionne, mais ça ne m'intéresse pas
du tout. Parce que c'est mon boulot et que je bosse pour gagner du fric et ça
s'arrête là. Ce dont tu parles efface la frontière entre le boulot et la vie
privée et ça, ça ne m'intéresse vraiment pas.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Plus de dix ans se sont écoulés depuis la farandole joyeuse des découvreurs du
cyberespace. Maintenant, le Web s'est décliné en des centaines de métiers. Il y
a des formations, des carrières, des prés carrés, des guerres d'influence, des
tentatives d'OPA, de mises au pas, de contrôle des données ou des personnes. Je
parle des réseaux sociaux avec un vieil ami qui est dans le flux jusqu'au cou,
version résistant. Qui met gentiment le doigt là où ça fait mal. La fin de
l'étanchéité des genres, les réseaux sociaux comme séduisant cheval de Troie
qui transforme l'internet en extension permanente de ton bureau. Les statuts
des membres de mon réseau défilent toute la journée dans l'angle supérieur
droit de mon écran, des centaines et des centaines de petites réflexions sur la
vie politique et sociale, sur l'actualité, le temps qu'il fait, les conneries
de la vie quotidienne, des coups de gueule, des scoops, aussi, parfois avant
tous les médias traditionnels, des liens, des tas de liens, vers des tas
d'articles, sur la bouffe, le droit, la politique, l'actu, le cul, des photos,
des vidéos, des chansons. Tiens, @Machin rentre de Phnom Pen et @Bidule est
coincée sur le périph' intérieur. Et @Trumuche répète que @lourdingue a changé
de couleur politique. Denis Hooper est mort. Non, trop tôt. Finalement, c'est
Rohmer qui a cassé sa pipe pendant que la terre tremble en Haïti. Les
informations se succèdent et se ressemblent toutes dans un gros brouhaha
informe. Le web 2.0 a tenu l'une de ses promesses : il a aboli toute
hiérarchie entre ses membres. Du coup, tout est égal, rien n'est plus important
qu'autre chose. La difficulté devient autre : comment remettre les choses
à leur place, comment distinguer le vital de l'important, le crucial du
futile ? On crée du lien, on oublie l'heure et on oublie surtout que si on
suit notre réseau, notre réseau nous observe en permanence. Le soleil ne se
couche jamais sur le Web 2.0 et notre vie privée se peopelise sans que
nous en tirions un quelconque bénéfice.&lt;br /&gt;
Mon ami a bien raison de se méfier : à force de transparence et de
convivialité, on se retrouve à poil sur le Net et on perd de vue l'essentiel, à
savoir bien compartimenter notre vie, ne pas mélanger les genres et continuer à
cultiver les relations vraies en lieu et place des affinités
superficielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h2&gt;&lt;q&gt;L'avenir, c'est la géolocalisation&lt;/q&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;br /&gt;
Michael n'a rien perdu de son enthousiasme prophétique. Il avait à peu près
raison, mais peut-être pas exactement comme il le pensait. Il continue à défier
la loi et les convenances avec son fumigène portatif et déclenche régulièrement
les cris stridents des détecteurs de fumées des salles de réunions qu'il
embrume comme s'il voulait en faire sortir un renard.&lt;br /&gt;
Comme tout système, Internet est dans une phase de repli après une gigantesque
vague d'extension. Google est devenu Dieu en inventant l'omnipotence et
l'ubiquité informatique. L'homme numérique s'est dilaté bien au-delà de ses
aptitudes physiques et il aspire à présent à se relocaliser. Les réseaux
mondiaux accouchent de boucles locales, les systèmes d'échange international
développent le troc géolocalisé, les sites d'informations générales recherchent
des sources locales pour réinventer la proximité, les purs esprits du web se
donnent des rendez-vous IRL (In Real Life =&amp;gt; dans la vie réelle) pour
retrouver le plaisir incomparable d'une bonne chopine fraîche partagée sur un
coin de table. Même les usines ont envie de rentrer à la maison. Le monde
entier se relocalise sous les assauts de la tempête de la crise. On retrouve le
plaisir de refaire son marché à la fraîche. Tonton Norbert revient à la mode.
Le monde reprend une dimension humaine, même si certaines frontières sont
définitivement tombées, tout au moins dans nos esprits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=0be9c32b-1f84-8d7c-9c02-1b3b066975ea&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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  <item>
    <title>Retour du défilé</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/22/Retour-du-defile</link>
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    <pubDate>Fri, 22 Jan 2010 16:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Cartes postales</category>
        <category>administration</category><category>citoyen</category><category>confiscation démocratique</category><category>fonctionnaire</category><category>lutte</category><category>syndicats</category>    
    <description>&lt;div style=&quot;margin: auto; width: 500px; text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4294847617/&quot; title=&quot;photo sharing&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4043/4294847617_a99c38f11a.jpg&quot; style=&quot;border: 2px solid rgb(0, 0, 0);&quot; height=&quot;334&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 0.9em; margin-top: 0;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4294847617/&quot;&gt;Fin de manif&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Mise en ligne par &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/people/monolecte/&quot;&gt;Le
Monolecte&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;    Ambiance mollassonne, voire vaguement résignée au défilé d'hier, lequel
prétendait pourtant défendre les derniers vestiges d'un service public en
pleine déconfiture sous les assauts gourmands du monde la finance qui n'en peut
plus de nous faire les poches. Il suffit de repenser au bel enthousiasme de
février 2009 pour prendre la mesure de tout le désenchantement, de toute la
déconfiture de la France qui refuse de baisser les bras et de se faire trousser
à sec par les forces de l'argent. Même les vieux briscards, les
archéomanifestants, les vieux de la vieille, ceux qui n'ont jamais raté un
petit footing à la banderole depuis 30 ou 40 ans ont le profil bas. Certains se
sont même fait porter pâles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut dire que c'est un peu comme si les syndicats avaient fait de leur mieux
pour que rien ne se passe. Information diffusée du bout des lèvres pour une
mobilisation sous le boisseau : la directrice de l'école de ma fille a été
prévenue trop tard pour pouvoir planter son préavis obligatoire, service
minimum oblige.&lt;br /&gt;
Sur le parcours, je croise la nacelle accueillante des services techniques du
bled en chef. Pas des &lt;del&gt;taffiotes&lt;/del&gt;petits bras&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/22/#nb1&quot; name=&quot;nh1&quot; id=&quot;nh1&quot;&gt;*&lt;/a&gt;, les gars. Se sont battus comme des chiens le mois dernier pour
ne pas se faire bouffer la laine sur le dos. Tous seuls. Trois jours de grève
de tous ces petits services qui simplifient tellement la vie des gens qu'ils ne
se rendent même pas compte qu'ils existent. Trois jours de lutte contre la
population qui ne veut rien voir et rien comprendre et des clopinettes à
l'arrivée. Eux aussi, ils seraient bien venus manifester s'ils avaient été
prévenus. Au lieu de ça, ils survolent la petite foule éparse et découragée qui
s'étire derrière la foutue sono assourdissante de la CGT. Encore un sabotage
démocratique, cette sono qui dégueule sur le bitume de la musique que j'aime
pourtant, juste pour que la foule reste pacifiée et n'exprime pas sa colère
avec quelques slogans bien sentis. La prochaine fois, faudra prendre une pioche
pour lui faire fermer sa gueule, à cette sono abrutissante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fin de parcours, la coordination syndicale fait semblant d'être contente et
s'autocongratule de la mobilisation de la matinée tout en balançant des
chiffres de participation fantaisistes qui font même marrer les manifestants.
En fait, tout ceci n'est qu'une grosse mascarade doublée d'une immense
pantalonnade. Ceux qui sont venus user leurs godillots sur l'asphalte encore
trempé de la veille tentent de sauver les meubles et luttent, jour après jour,
pour qu'il y ait encore des maternités dignes de ce nom, des soins, de
l'éducation, de l'humain, partout, tout le temps. Mais je les sens bien seuls
et bien fragiles dans leur détermination.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est pour cela que j'ai choisi ce cliché de tous ceux que j'ai pris. Un petit
moment de détente pour une poignée de nanas qui luttent durement depuis des
semaines pour que mon département ne devienne pas totalement un désert
médical.&lt;br /&gt;
Merci à elles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;
&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/22/#nt1&quot; name=&quot;nb1&quot; id=&quot;nb1&quot;&gt;*&lt;/a&gt; Note à destination des lecteurs :
j'ai écrit le mot &lt;q&gt;taffiote&lt;/q&gt; dans ce texte pour qualifier à l'inverse les
techniciens du bled. C'est un mot couramment utilisé dans le coin pour
qualifier ceux qui ne sont pas à la hauteur de leur tâche en général et de leur
virilité en particulier. C'est effectivement une expression qui traduit un fond
homophobe bon teint qui est tellement &lt;em&gt;naturel&lt;/em&gt; que personne ne se pose
même la question de l'homophobie ordinaire qui est derrière. Un lecteur m'en a
fait vertement le reproche. Il a raison. Merci à lui et mes excuses à tous ceux
que cela aurait pu blesser, parce que, effectivement, les mots sont
importants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;hr /&gt;
Voir plus de photos ci-dessous et &lt;a href=&quot;http://tvbruits.org/spip.php?article1362&quot;&gt;regarder le documentaire en ligne
des amis Jean-Luc et Sabine sur la pédiatrie gersoise&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;table style=&quot;width: 194px;&quot;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td style=&quot;background: transparent url(http://picasaweb.google.com/s/c/transparent_album_background.gif) no-repeat scroll left center; height: 194px; -moz-background-clip: border; -moz-background-origin: padding; -moz-background-inline-policy: continuous;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://picasaweb.google.com/monolecte/Manif_21012010?feat=embedwebsite&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lh5.ggpht.com/_e2AraLz8XkQ/S1lst9O51yE/AAAAAAAAB9g/Aq4IaMEP9Bg/s160-c/Manif_21012010.jpg&quot; style=&quot;margin: 1px 0 0 4px;&quot; height=&quot;160&quot; width=&quot;160&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td style=&quot;text-align: center; font-family: arial,sans-serif; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://picasaweb.google.com/monolecte/Manif_21012010?feat=embedwebsite&quot; style=&quot;color: rgb(77, 77, 77); font-weight: bold; text-decoration: none;&quot;&gt;Manif_21-01-2010&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Ceci est mon corps</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/18/Ceci-est-mon-corps</link>
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    <pubDate>Mon, 18 Jan 2010 21:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Poil à gratter</category>
        <category>bonheur</category><category>chroniques</category><category>femmes</category><category>humanité</category><category>liberté</category><category>sport</category>    
    <description>&lt;p&gt;Me voilà ! J'y suis. En sous-vêtements dans un bureau cossu, devant un
homme que je ne connais pas. Il y a quelques mois encore, cela aurait été
impensable. Me retrouver subitement contrainte d'habiter ce corps qui m'est
tellement étranger. Depuis tellement longtemps, que je ne sais même pas s'il a
déjà été mien.&lt;/p&gt;    &lt;img title=&quot;Body, janv. 2010&quot; style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://blog.monolecte.fr/public/.body_m.jpg&quot; /&gt;Je me souviens du sentiment d'étrangeté totale que
j'avais ressenti en détaillant attentivement ma propre main, un soir de fièvre,
alors que je n'avais que huit ans. Je n'arrivais même pas à focaliser mon
propre regard sur ces étranges brindilles fines qui se mouvaient pourtant selon
ma volonté, mais avec, toujours, comme un temps de retard. Peu après, on
m'opérait en urgence d'une appendicite et regagner ma petite carcasse m'avait
valu, en salle de réveil, un interminable mal de mer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai toujours eu du mal à ne pas penser cette chair comme un par-dessus mal
ajusté. Trop petit, trop gros, trop lourd, trop faible, toujours à la traîne de
mes rêves et de mes envies. Toujours tellement insuffisant. Tellement
encombrant, tellement de trop. Et toujours si instable. À peine le temps de
m'étendre jusqu'à remplir le bout de mes phalanges et le voilà qui m'échappe
encore, avec ces deux masses de chair qui tendent la maille de mes pulls que je
choisis pourtant toujours trop grands. De plus en plus grands. &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/07/21/La-guerre-du-poil-aura-bien-lieu&quot;&gt;Et ces poils !&lt;/a&gt; Ces
ignobles poils noirs qui colonisent mon sexe, mes aisselles, mes cuisses, mes
jambes, que je pourchasse avec une pince à épiler avant de capituler sous le
nombre et d'enfiler une burqa mentale de plus.&lt;br /&gt;
Je le déteste ce corps de femme qui m'encombre quand je cours, qui m'interdit
de lire à plat ventre sur la plage, qui me force à abaisser mon cul dans
l'herbe pour uriner à petits jets furtifs et gênés. Je déteste ces seins
proéminents et insolents qui aimantent les regards ; gênés pour les
garçons ; envieux pour les filles ; lourds et intrusifs pour les
hommes. Je ne veux pas n'être qu'un sexe, qu'un corps, qu'un genre. Je ne veux
être limitée en rien, ni pour personne et surtout pas pour moi. Mais je n'ai
pas le choix et &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/09/28/Parrainage&quot;&gt;je subis ma condition de
femme&lt;/a&gt; quand tant d'autres la subliment, la revendiquent fièrement, la
brandissent comme un étendard. J'entre en guerre contre moi-même, relais
complaisant d'un monde d'hommes, pensé par et pour des hommes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne me contente pas de cacher ce corps. Je le nie. Je le soumets à ma volonté
totalitaire. Je le refuse tellement que je ne supporte pas mon propre reflet,
ma propre existence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Allons, allons, ne faites pas de cinéma!&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Et pourtant, c'est une femme!&lt;br /&gt;
Brusque, brutale même, elle enfonce son spéculum dans mon corps de gamine comme
pour me punir d'exister. Je ressens l'intrusion jusqu'à l'intérieur même de mon
ventre. Et je déteste ça. Je déteste ma nudité froide et médicalisée, je
déteste ce corps, cette viande réduite à ces fonctionnalités biologiques.&lt;br /&gt;
Je suis l'esprit.&lt;br /&gt;
Il est la machine.&lt;br /&gt;
Je veux le soumettre à ma volonté, lui faire payer son inadéquation
fondamentale. Je n'aurai jamais un regard complaisant pour lui. Il est mon
geôlier. Jusqu'à ce que mort s'ensuive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même adouci par un amour immense et un désir encore plus grand, le regard de
l'autre ne me guérit pas de moi-même. Jusqu'au cœur de notre intimité, ce
putain de corps continuera de me contrarier, de me renier, de me faire souffrir
là où il ne devrait y avoir que de la jouissance. Le divorce est consommé. La
guerre en moi est totale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ses doigts courent sur ma peau, palpent attentivement mes muscles encore
naissants, s'arrêtent sur les articulations, explorent les tensions
nerveuses.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;... Il y a cette hanche...&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Une non-chute, au ski, quand j'avais 17 ans. La carre intérieure avait accroché
la pente pendant que le ski inférieur avait continué à glisser sur la neige
dure et verglacée. Un grand écart violent avait sorti la tête de mon fémur
droit de sa niche d'os dans un hurlement dément qui avait voyagé un moment dans
les montagnes. Le moniteur avait pris la situation en main et remis en place
l'articulation déboîtée dans une nouvelle vague de douleur fulgurante. L'un de
ces petits moments intenses où mon fichu corps se rappelle à mon bon souvenir.
Depuis, cette articulation avait gardé comme une faiblesse que mon ostéopathe
avait lu sur mon corps comme un aveugle parcourt un livre en braille. Ça et les
cervicales, jamais remises d'une lourde chute dans la douche, et puis le dos,
fragilisé par de longues heures avachies sur des chaises informes et bancales
et puis toutes ces tensions, tous ces refus, profonds, implacables.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Et votre grossesse?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Nickel, la grossesse, rien à dire, même pas malade, rien.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Et l'accouchement?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Une petite boule bien dure, calée entre l'estomac et la glotte, qui me hache le
souffle quand j'y pense. Je me souviens des paroles des autres femmes,
avant : &lt;q&gt;tu verras, une fois que c'est fait, tu es tellement heureuse
que tu oublies la douleur.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Manifestement, nous n'avons pas la même faculté mémorielle et
sensorielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, tout avait plutôt bien commencé, avec une sensation d'étrangeté
supplémentaire entre mon corps et moi, une sorte de lévitation interne qui
m'avait poussée à acheter le seul et unique test de grossesse que je n'ai
jamais utilisé de ma vie. Sensation de vertige tiède et doux à la lecture de la
confirmation de mon soupçon, absolue légèreté de l'être en lui annonçant que
nous avions mis au but du premier coup. Et quelques degrés de séparation de
plus entre ce corps et moi, cette arche de Noé destinée à perpétuer l'espèce,
ce vaisseau spatial lancé vers un avenir incertain et dont les flancs hébergent
l'Alien.&lt;br /&gt;
Je suis la matrice, la circonférence, l'enceinte fortifiée qui ne forcit pas et
dont le ventre est comme en sous-location. Mon corps ne m'appartient plus, il
est une extension anonyme du grand corps médical tout puissant. Soixante euros
la poignée de main avec l'illustre accoucheur béarnais dont le pas pressé
emplit de son écho industrieux les couloirs de la clinique. Un &lt;q&gt;Comment
allez-vous?&lt;/q&gt; purement formel et médical, présentation du sexe dont je suis
définitivement dépossédée, clic-clac, merci, au revoir et à la prochaine. Dix
minutes chrono pour une heure de route à l'aller, autant en salle d'attente et
les récriminations de mon patron qui exige que je bascule mon suivi prénatal
sur mes congés. Mon corps dérange le corps social, le ventre mou de
l'entreprise productiviste. Tout devient plus rond, plus lourd, mais, à
l'intérieur, je surfe sur une sublime vague de détachement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est comme une épée qui se serait fichée au creux de mes reins. Mon ventre est
lourd et dur comme une pierre. Réveil en fanfare au cœur de la nuit, le soir de
mon 32e anniversaire. Ressac. La douleur s'efface et je replonge dans le
sommeil. La nuit s'étire au rythme des contractions. Toutes les 30 minutes.
Trop long. Attendre. Un jour entier à faire les cent pas, à manger debout pour
soulager la tension interne, dormir un peu. Une nouvelle nuit, encore plus
inconfortable, sans sommeil. Deuxième jour. Rien de neuf. Impossible d'aller en
clinique tant que les contractions sont espacées de plus de cinq minutes,
sinon, c'est une heure de route dans le froid et la neige qui menace de tomber
pour être renvoyée dans ses pénates au bout du compte. Précision médicale au
service de la rentabilité des rotations des lits. Le jour s'achève enfin et je
traîne ma fatigue immense et mes kilos en trop entre deux contractions
violentes. Dix minutes. Encore trop long pour décoller, bien trop court pour se
reposer. 23 h, deuxième jour, le seuil des cinq minutes est enfin franchi,
encore une heure de route et je confie ma souffrance à la toute-puissance
médicale. Une heure du matin, le travail patine toujours, la douleur
omniprésente me transforme en bête apeurée, l'épuisement est complet : je
commence le gros du travail sans aucune force en réserve. L'apprentie
sage-femme de nuit, tout en douceur et compassion, me propose une dose de
morphine pour dormir un peu. Je m'enfonce presque immédiatement dans un vertige
cotonneux et sans fond dont j'émerge au petit matin par une contraction d'une
violence encore inconnue et dont l'intensité va pourtant crescendo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La sage-femme de jour est un masque de sévère compétence, raide, sèche comme un
coup de trique, toute entière projetée dans le respect du protocole. Je suis
chair, je suis un corps malade, je suis une succession de gestes techniques
chronométrés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La salle de travail est purement fonctionnelle et pensée pour faciliter le
travail du plateau technique. Nous y sommes des intrus. C'est un hall de gare
dont les portes battantes laissent parfois passer une petite foule en blouse de
couleur qui vient s'informer sans aucune forme de civilité de l'état de ma
dilatation et qui commente cette violation de ma chair intime avec la même
indifférence que si j'étais un objet. De la salle de travail jumelle et
attenante, s'échappent le brouhaha rassurant des affaires rondement
menées : quelques poussées, quelques cris, et voilà le nouveau-né qui
vagit et l'équipe qui évacue prestement les lieux pour la fournée suivante. Je
pensais avoir opté pour la meilleure clinique de la région, je suis juste
échouée dans un pondoir industriel où l'on purge efficacement les flancs de
toutes les inconséquentes à près de 100 km à la ronde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De temps à autre, la sage-femme de jour s'engouffre dans ma propre salle, le
pas lourd de ses silences réprobateurs, et enfonce un doigt inquisiteur et
quelque peu vengeur dans mon vagin tout en me fusillant du regard. Femme au
rabais, me voilà parturiente encombrante et de mauvaise foi, qui fait traîner
son travail et grippe la petite machine à dépoter les bébés. La pose de la
péridurale a soulagé la douleur intense quelque temps, mais la perfusion a
encore accéléré le rythme des contractions pendant que mon col, mon fichu col
rebelle, refuse de s'effacer. Mon corps entier vibre d'indignation contre le
traitement qui lui est infligé. Les heures s'égrènent et la douleur revient
sans que je retrouve le contrôle de mes muscles. Vers 11 h 30, la sage-femme
rébarbative décide que la comédie a assez duré et me rabat les genoux derrière
les oreilles. Je proteste faiblement et me débats contre les étriers qui
emprisonnent mes pieds et forcent mon bassin à basculer en arrière. C'est
absurde. Mon périnée est en surtension et le crâne de ma fille ne cesse de
repartir en arrière à la fin de chaque poussée péniblement arrachée à la
pesanteur. Je suis totalement à bout de force. Je n'ai ni dormi ni mangé depuis
deux jours, l'effet protecteur de la péridurale s'estompe, mais je n'ai
toujours pas retrouvé le plein contrôle de mes muscles. Je suis en train de
m'éloigner de toute cette souffrance et je ne me rends même plus compte que
c'est moi qui suis en train de hurler comme une bête blessée. Du coin du
regard, je vois la sage-femme nazie monter sur un tabouret pour mieux
s'affaisser ensuite de tout son poids sur mon ventre énorme qui refuse de se
vider. J'ai seulement peur. Par flash confus, je me rends compte que je vais
mourir. Je pousse, je pousse, à m'en déchirer les entrailles, mais il n'y a
plus rien, plus de jus. Je crois bien que la sage-femme m'engueule. Puis, après
un temps flou et indéterminé, je vois les bottes blanches de l'obstétricien
emplir mon champ de vision. Ce sont les mêmes que celles que chaussent les
ouvriers dans les abattoirs à canards. On a glissé un seau à la verticale de
mes fesses pour y recueillir tous les fluides qui s'écoulent abondamment de
moi. L'homme est en train de monter bruyamment une sorte de gros couvert à
salade. Qu'il enfonce sans préavis dans mon sexe pour y chercher la tête de ma
fille. J'ai l'impression d'être écartelée. Quelqu'un pose une petite chose
vagissante sur ma poitrine lourde et tendue comme un tambour, mais mes bras
sont tellement faibles que je n'arrive pas à la tenir. Je cherche du regard
quelqu'un pour m'aider, mais déjà, tout le monde s'affaire sur autre chose.
C'est finalement son père, pâle, ravagé, en état de choc, qui aura la présence
d'esprit de me tenir le coude pour que je ne laisse pas échapper mon enfant par
terre, du haut de mon étroit lit de souffrance. Je devrais être heureuse. J'ai
juste froid et envie de pleurer. Voilà tout ce qui reste de ce qui aurait
pourtant dû être le beau jour de notre vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mon corps a nourri ma fille. C'est ce que je voulais. Créer du lien avec elle.
Tenter de me connecter avec moi-même. Malgré la chair, abondante, qui refuse de
refluer. Malgré l'épisiotomie qui m'empêche de m'asseoir, de marcher
correctement, qui me blesse et qui rend mon sexe encore plus étranger qu'il ne
l'a jamais été.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais quelque chose a quand même changé. Pas mon regard, pas mon divorce de
longue date, non, de nouvelles sensations, de nouvelles envies. La fin des
migraines. C'est long, presque insidieux, il me faudra encore quelques années
pour comprendre et &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/03/16/La-sorciere-des-mers&quot;&gt;cesser toute
intrusion chimique dans ce fichu corps&lt;/a&gt;. Me reconnecter. Prendre possession
de la chair. Enfin. Comprendre le jeu des muscles sous la peau, entendre le
murmure du flux sanguin. Décider d'entretenir la carcasse plutôt que de la
mépriser. Comprendre, enfin, que je ne suis pas une femme-machine, un esprit
perdu dans une prison de chair, mais bien un être complet, entier, relié à
l'ensemble du monde par son &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/07/26/Entropisme-du-danseur&quot;&gt;interface corporelle&lt;/a&gt;. Apprécier
l'effort. Goûter le plaisir du corps qui complète l'esprit et l'emmène sur
d'autres chemins. Jouir des flots d'endorphine que l'activité sportive libère
dans mes veines. Reprendre contact avec moi-même, pouvoir enfin sourire à mon
propre reflet. Contempler avec indulgence et apaisement les ridules et la
petite brioche. Se réjouir de pouvoir habiter pleinement ce vieux corps, si
familier et si nouveau à la fois. Partir avec lui &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/09/10/La-machine-%C3%A0-remonter-dans-le-temps&quot;&gt;sur les routes du
Gers&lt;/a&gt;, l'emmener en &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/06/22/Danser-sur-les-murs&quot;&gt;balade
vers les sommets&lt;/a&gt;, lui donner le soin qu'il mérite et recevoir en échange un
univers de sensations nouvelles et délicieuses.&lt;br /&gt;
Ne plus avoir honte. Ne plus avoir peur.&lt;br /&gt;
Exister, pleinement. Profiter de la vie. Tant qu'il y en a.&lt;br /&gt;
Être libérée de mon carcan mental pour habiter enfin mon être entier.&lt;br /&gt;
Courir, grimper, souffler, ressentir.&lt;br /&gt;
S'abreuver à l'étang salé de mon humanité retrouvée.&lt;br /&gt;
Enfin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=26ef0c00-1c96-8a18-a6d1-0d909f82422c&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'imposture humanitaire</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/14/L-imposture-humanitaire</link>
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    <pubDate>Thu, 14 Jan 2010 13:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Horizons lointains</category>
        <category>catastrophe</category><category>civilisation</category><category>documentaire</category><category>débat</category><category>entreprise</category><category>formation</category><category>guerre</category><category>histoire</category><category>humanité</category><category>international</category><category>inégalités</category><category>jeunes</category><category>libéralisme</category><category>multinationales</category><category>pauvreté</category><category>société</category><category>solidarité</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;q&gt;Au début, je voulais surtout voyager&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;Jérémy a la petite vingtaine tranquille et joyeusement
ébouriffée des membres de la grande tribu des surfeurs, des glisseurs, des
grimpeurs, l'œil aussi limpide qu'un lac pyrénéen à la fonte des glaces et un
projet de vie qui se construit pas à pas.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/999551310/&quot; title=&quot;Monument aux morts de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm2.static.flickr.com/1194/999551310_ed97f5ae31.jpg&quot; alt=&quot;Monument aux morts&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; width=&quot;375&quot; height=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;h2 style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;Le meilleur du pire&lt;/h2&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;q&gt;Après le bac, je suis donc parti à Pau pour un BTS en
commerce international.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;J'arrive à ne pas tiquer, c'est le métier qui rentre,
mais il lance ça avec un grand naturel et une tête d'anarchiste convaincu qui
ne cadrent vraiment pas avec l'idée que je me fais des petits kikis qui
gravitent dans les formations commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ce qui m'intéresse, au départ, ce sont les relations humaines. Le
commerce, pour moi, c'est avant tout des relations humaines. Or, dans les
écoles de commerce, ce n'est pas du tout ça qu'on t'apprend : faut pas faire de
sentiments, la communication, ça peut être de la manipulation, on nous apprend
à appâter le client et à prendre les gens pour des cons, c'est-à-dire comment
faire des sous.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Et là, pendant deux ans, tu te rends compte que ce n'est pas ton
truc.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Mais je l'ai fait un peu exprès aussi. Parce que si on veut démonter les
choses dans la vie, faut commencer par savoir comment ça marche.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;Pendant deux ans, Jérémy enquille les stages. Uniquement
dans de grosses multinationales. Premier stage en République Dominicaine, zone
franche.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Le pire du capitalisme : la délocalisation par l'argent ! Choquant !
L'un des gros fabricants de boots du monde. Ils ont des filiales partout. Et là
ils produisaient les snow-boots des mecs du Nord dans une zone franche, créée
pour développer le pays. Une zone franche, c'est à dire pas de taxes.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Mais s'il n'y a pas de taxe, comment tu développes le pays ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Par les salaires. Enfin, c'est ce qu'ils croient : pas de tunes, pas de
salaires, travail dans des conditions de merde, pas de syndicat et voilà !
J'étais content. Parce que j'étais à la source, parce que je voyais vraiment
comment c'était.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;Mais notre Jérémy ne s'arrête pas en si bon chemin et
rempile pour une autre multinationale chère à son cœur de surfeur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;q&gt;Mon boulot au pôle logistique était de trouver des
papiers pour les marchandises, les certificats d'origine, l'équivalent des
certificats de naissance pour les humains. Là, ce qui était particulièrement
intéressant, c'était de pouvoir comparer les prix d'achat à la production avec
les prix de revente : c'est assez fabuleux. Je me disais, assez logiquement :
ces gars font du surf, je fais du surf, on devrait s'entendre, quelque chose de
cool, quoi, l'esprit du surf. Mais voilà le surf est bouffé par l'argent, la
compétition et les gars font ça juste pour le pognon, ce ne sont pas des
surfeurs. Le surf, ils s'en foutent. Ils sont là pour faire du pognon et c'est
tout.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;h2 style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;La fin de
l'humanitaire de papa&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;Et voilà
comment Jérémy, après une année de profonde réflexion sur son avenir
professionnel manifestement incompatible avec ses aspirations profondes,
intègre une licence en solidarité internationale, une formation chapeautée, il
nous le donne en mille, par le Ministère de l'Intégration et de l'Immigration.
Tout un programme !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;L'humanitaire est devenue un milieu très
fermé. La motivation ne suffit plus, il faut aussi une bonne formation. Et le
candidat type pour intégrer une grosse ONG, il sort de Sciences Po, des grandes
écoles. Ma licence professionnelle est donc un tremplin. Elle me permettra
d'avoir des contacts dans le milieu, ce qui devrait m'ouvrir des portes. Ça
fonctionne pas mal en réseau. Aujourd'hui, l'humanitaire cherche des
compétences particulières : logistique, gestion de projets et aussi des profils
purement spécialisés, très techniques, directement opérationnels, en
assainissement de l'eau, électricité, des profils ingénieurs&lt;/q&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;Des écoles à
former de bons petits gars avec le cœur sur la main et les pieds solidement
ancrés dans le sens des réalités, il y en a quatre en France, trois
universitaires et une école privée. Bien sûr, c'est dans l'école privée que
sont recrutés prioritairement les nouveaux cadres dynamiques de l'humanitaire
français, ce sont ces petits gars qui décrochent prioritairement les meilleures
places dans les grosses ONG, celles qui ont de l'argent et donc celles qui
peuvent agir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;Il faut voir le film &lt;a href=&quot;http://www.cocottesminute.fr/projets/profession/profession.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;Profession
humanitaire&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. C'est assez choquant. C'est justement un film sur la
formation &lt;strong&gt;Bioforce&lt;/strong&gt; [L'école privée], ses coulisses, les
apprentissages. C'est une formation très chère avec beaucoup de moyens... on
leur apprend même à conduire des 4x4, c'est assez fabuleux, c'est le gros
cliché humanitaire. Les gars sont dans un mode opérationnel qui fait qu'ils ne
se posent pas de questions sur ce qu'ils font et sur l'influence que ça aura
sur les bénéficiaires. Jusqu'à présent, l'humanitaire ne se posait pas trop de
questions sur ses missions ou les conséquences des actions humanitaires sur
l'ensemble de la société et des personnes concernées. L'humanitaire c'est quand
même quelque chose d'assez récent, plutôt dans le prolongement de l'époque
colonialiste. L'aide d'urgence ne pose pas trop de problème : quand la maison
brûle, tout le monde est d'accord pour que les pompiers éteignent le feu. Mais
le développement, lui, pose beaucoup de problèmes. Jusqu'à présent, on décidait
de ce qui était bon, de ce qui était bien pour les autres. C'est typiquement le
droit d'ingérence : on décide d'aller t'aider, même si tu n'es pas d'accord et
sans se poser la question de savoir ce que les gens ont réellement besoin. On a
les moyens pour faire des trucs et on va l'imposer.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;Tu dis qu'en fait,
l'humanitaire est en train de changer profondément, à travers les petits gars
comme toi qui sont formés pour réfléchir ?&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;Oui, parce que la société
occidentale elle-même est en train de se remettre en question sur ses choix
fondamentaux. Jusqu'à présent, l'humanitaire servait surtout à boucher les
trous laissés par le capitalisme mondial.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;Les ONG, comme
bras armé de pansements du grand cirque capitaliste. Les ONG, comme palliatif
politique à l'indigence ou le désengagement des États.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;Les ONG ont vocation à
disparaître, à transférer à l'État leurs missions de
développement.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;Un peu comme les Restos du
cœur qui, dès l'origine, palliaient l'insuffisance sociale de l'État et avaient
vocation à disparaître et pourtant ne cessent de grossir ?&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;C'est exactement la même
chose, le caritatif chez nous ou l'humanitaire ailleurs. Avec la crise, les
missions des ONG grossissent de plus en plus avec de moins en moins de moyens.
L'autre problème, c'est qu'avec des moyens limités, les ONG font très attention
à leur recrutement. Le personnel est coûteux, il faut donc qu'il soit hyper
efficace sur le terrain. Et ça, Bioforce sait faire. De l'humanitaire bien
traditionnel!&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;Oui, mais est-ce qu'à force de
chercher l'efficacité, est-ce que la machine humanitaire ne va perdre de vue
son objectif premier ?&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;Les ONG fonctionnent comme une
entreprise : une comptabilité à tenir, des comptes à rendre à leurs bailleurs
de fonds. Les moyens qui financent l'action humanitaire choisissent donc les
actions à mener.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;Et les
financeurs de l'humanitaire sont loin d'être neutres : l'Europe et sa vision
politique, les fondations privées, financées elles-mêmes par les grosses
multinationales dans lesquelles Jérémy avait pu apprécier toute la grandeur de
l'horreur économique mondialisée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;&lt;q&gt;L'argent,
c'est le nerf de la guerre. Les multinationales ne sont là que pour le profit
et pour redorer leur image de marque, elles financent
l'humanitaire.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin: 0;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'DejaVu Sans';&quot;&gt;Et la boucle
est bouclée. Les grosses multinationales se nourrissent et entretiennent la
misère des peuples, comme Jérémy l'a découvert lors de sa formation en commerce
international. Et ensuite, elles financent les projets humanitaires qui
améliorent leur image de marque et font oublier leur rôle dans le merdier
général. Et nos petits soldats de l'humanitaire utilisent leurs compétences
commerciales pour vendre au grand capital les projets de développement qui
favorisent, quelque part, le maintien à faible coût, des inégalités dont il se
nourrit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=9470047e-4dd3-8daf-8d43-844b856db217&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'imaginaire révolutionnaire</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/05/L-imaginaire-revolutionnaire</link>
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    <pubDate>Tue, 05 Jan 2010 16:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Pol-éthique</category>
        <category>catastrophe</category><category>citoyen</category><category>civilisation</category><category>confiscation démocratique</category><category>démocratie</category><category>guerre</category><category>histoire</category><category>humanité</category><category>lutte</category><category>MEDEF</category><category>police</category><category>politique</category><category>société</category><category>violence</category>    
    <description>&lt;p&gt;Ce qu'il a de remarquable à retenir de l'année 2009, c'est qu'elle n'a eu
précisément rien de remarquable et qu'il n'y pas grand-chose à en retenir.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/2978018241/&quot; title=&quot;Vers le ciel de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm4.static.flickr.com/3004/2978018241_8ec6c92b85.jpg&quot; alt=&quot;Vers le ciel&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;334&quot; /&gt;&lt;/a&gt;En 2005, on s'est battu comme des fous contre le &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/05/30/94-gueule-de-bois&quot;&gt;TCE et on a
gagné&lt;/a&gt;. Tout au moins, on y a bien cru trois minutes et demie, le temps que
les &lt;a href=&quot;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_editocrates-9782707158697.html&quot;&gt;
éditocrates&lt;/a&gt; s'emparent du crachoir et nous privent en trois phrases
décérébrées et assassines de tout droit à nous autodéterminer par les
urnes ! En 2006, on s'est battu comme des fous contre le &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2006/03/31/195-des-bisous-et-des-calins&quot;&gt;CPE et
on a gagné&lt;/a&gt;. Tout au moins, on y a bien cru aussi quelque temps, avant de
nous rendre compte que c'était l'ensemble de la masse salariale qui était
condamnée, par l'avidité du patronat et avec la complicité du gouvernement, à
naviguer de sous-contrats de merde en salaires indécents tout en passant
régulièrement par la case chômage indemnisé à coups de pied au cul. En 2007, on
s'est battu comme des fous, on a même &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/04/23/La-victoire-en-chantant&quot;&gt;tenté
l'union sacrée&lt;/a&gt; contre l'épouvantail téléguidé par le MEDEF et on n'a pas
fait semblant de prendre &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/05/11/La-carmagnole-des-gnous2&quot;&gt;une bonne
grosse et vilaine déculottée&lt;/a&gt; en se retrouvant avec le &lt;em&gt;princident&lt;/em&gt;
sur les bras, pour ne pas dire sur le dos, tant son souffle rauque nous hérisse
le duvet de la nuque pendant que lui et toute sa bande de fossoyeurs sociaux
nous la mettent bien profond en démolissant systématiquement tout ce qui
pouvait protéger ou alléger la peine des plus pauvres et des plus fragiles
d'entre nous. En 2008, on a eu beau &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2008/10/09/Ceci-n-est-pas-une-crise&quot;&gt;gueuler
comme des fous&lt;/a&gt;, la vérité, c'est qu'on s'est fait braquer et dépouiller
sans vergogne par une bande de délinquants en col blanc qui ont hurlé à la
crise tout en nous faisant les poches, bien profondément, avant de se tirer
avec la caisse du tout le peuple réuni pour aller se goinfrer des roteuses dans
un quelconque paradis fiscal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et en 2009 ?&lt;br /&gt;
Rien.&lt;br /&gt;
On a juste continué à &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/08/29/Quand-le-patronat-s-enrhume-les-salaries-toussent&quot;&gt;
se faire laminer par une bande d'aigrefins&lt;/a&gt; qui n'ont eu de cesse de
déshabiller Ginette pour mieux financer le vison de Marie-Chantal, avec force
de quolibets jetés à la face, de surcroît.&lt;br /&gt;
Et là, on a juste fermé notre gueule comme des fous, on a soigneusement rentré
la tête entre les épaules et on a bien assoupli l'échine, espérant, sans trop y
croire, passer entre les gouttes de l'ouragan financier, attendant, sans grand
espoir, qu'une reprise économique providentielle vienne nous sortir de &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/03/30/Quand-la-merde-monte&quot;&gt;la merde dans
laquelle nous nous enfonçons&lt;/a&gt; pourtant chaque jour un peu plus
profond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h2&gt;Ça va péter, ça va péter !&lt;/h2&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Tu sais ce que m'a le plus marqué dans le pays où je viens d'être
détaché ?&lt;/q&gt; C'est Gabriel qui m'a appelé pour me souhaiter un joyeux
anniversaire, le premier janvier dernier. Gabriel que je connais depuis le
berceau, mon vieux cousin, mon vieux pote, pas encore assez près de la quille
pour échapper à son ultime délocalisation dans un pays où la vie est décidément
bien moins chère.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non, mais je sens que tu vas me le dire.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Pour aller à l'aéroport international, ma voiture blindée et mon escorte
armée doivent traverser des quartiers d'une pauvreté que tu n'imagines même
pas. Hé bien les gens te saluent au passage. En fait, tous les habitants de ce
pays sont terriblement gentils. Pour bien te résumer le truc, ce pays a le cul
sur d'immenses richesses pétrolières et 90 % de la population vit avec
moins d'un euro par jour. 90 % d'une population où il y a plus de
50 % de jeunes, 90 % de la population d'un pays plus de deux fois
plus peuplé que la France. Et tu sais ce qui se passe ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ben rien. Il ne se passe rien. 90 % de la population est dans la
misère et il ne se passe rien, si on excepte le fait que l'enlèvement d'expat'
est la deuxième industrie du pays...&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
J'adore mon cousin, mais pour le coup, il vient de bien me ruiner le moral pour
l'amorce de la nouvelle année. Les mauvaises nouvelles se sont empilées toute
l'année dernière et le puits sans fond de la saloperie antisociale ordinaire
n'a pas l'air d'être prêt de se tarir cette année, les gens que je croise ont
le budget encore plus tendu que l'élastique d'un slip de sumo à la fin du
réveillon, la vraie crise est devant nous, l'exaspération monte et il ne se
passe rien. Bien sûr, ça râle sec dans les salons pendant le 20 h, ça râle
dur au zinc des troquets et estaminets du monde outrepériphérique, ça râle
salement autour de la machine à café, ça couine même un peu dans la blogobulle,
mais il n'y a pas de raisons particulières qu'il se passe quoi que ce soit d'un
tant soit peu musclé ou de juste un peu neuf sous la pluie froide de ce début
d'année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ne serait-ce que parce que tout le monde n'attend que ça. Que ça pète. Que ça
dégaze un bon coup. Que toutes les tensions, les frustrations accumulées au fil
des ans, des déceptions, des reculs, des reniements, que toutes ces petites
lâchetés sociales soient subitement effacées, compteur remis à zéro par un
gigantesque et imprévisible &lt;a style=&quot;font-style: italic;&quot; href=&quot;http://www.dicopsy.com/raptus.htm&quot;&gt;raptus&lt;/a&gt; social. Et plus tout le monde
attend quelque chose que l'on serait bien en peine de définir de quelque
manière que ce soit et plus il ne se passe rien. Logique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'homme blanc modérément instruit par une bonne quinzaine d'années de présence
dans l'école républicaine, l'humain occidental autosatisfait, crispé dans ses
petites miettes de confort et ses habitudes de self-pensée, la créature
civilisationnelle ethnocentrée que nous sommes tous, engluée dans son univers
pavlovien rassurant et surassuré n'a absolument pas la moindre idée de ce que
le bordel insurrectionnel signifie réellement. Plus sûrement que toutes les
polices de la pensée du monde, c'est la pauvreté de notre imaginaire
révolutionnaire qui rogne les ailes de nos désirs et nous empêche de prendre
notre essor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Ça va péter, ça va péter !&lt;/q&gt; crie le prolo jeté à la rue après une
carrière de bons et loyaux services à moindres coûts ! &lt;q&gt;Ça va péter, ça
va péter !&lt;/q&gt; feule le jeune bobo de centre-ville à l'heure de la pause
clopes dans les couloirs de sa fabrique à la chaîne de &lt;em&gt;docteurs es
chômedu&lt;/em&gt; surdimensionnés pour ce monde de nains ! &lt;q&gt;Ça va péter, ça
va péter !&lt;/q&gt; implorent tous les disqualifiés de la grande course à
l'échalote, les malades malgré eux, les bras cassés et les petites mains, les
exploités de tous poils, les équarris du premier rang, les mangent-merde de
toujours et les vagabonds de demain. &lt;q&gt;Ça va péter, ça va péter !&lt;/q&gt;
susurrent les félons qui bronzent sous les ors de la République, arment les
milices et planquent leur blé en Suisse... au cas où.&lt;br /&gt;
Sauf que le peuple n'est pas &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=hKoB0MHVBvM&quot;&gt;une bouteille de cola&lt;/a&gt; dans
laquelle on jette, un beau matin, une pastille de Mentos. Son inertie n'a
d'égal que le produit de toutes les lâchetés cumulées de tous ces membres. Et
c'est pratiquement sans fond, sans limites. Comme l'illustre le triste exemple
rapporté par mon cousin. Et nos gouvernants le savent bien : au jeu du
bouchon, on peut aller très loin, tout n'est qu'une question de progressivité,
de doigté. On peut tout nous prendre, on peut nous foutre à poil sur le
trottoir, ce qui compte, &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/01/27/La-strategie-de-la-hache-de-pierre&quot;&gt;c'est
de le faire tout en douceur&lt;/a&gt;, presque avec tendresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne se passe rien, parce que nous ne faisons rien. La Révolution avec un
grand R, c'est exactement comme la Main Invisible des autres : ça ne
surexiste pas à nos volontés et à nos actes. Ça se fait. Ça se lance. Ça se
catalyse sur le microévénement à la marge que personne n'a vu venir. Ça explose
parce que le terrain a été préparé pendant des mois, des années, par des
personnes organisées et déterminées. De la Révolution française à Mai 68, il
n'y a jamais eu de grands élans romantiques vers un monde meilleur. Il y a eu,
plutôt, du boulot de fond, de la planification, du travail de terrain. Et
l'absolue certitude que plus rien ne sera comme avant. Plus rien à regretter,
plus rien à retrouver. De la souffrance, de la violence, de la faim, du merdier
à tous les étages, des justes qui prennent pour des traîtres, des innocents qui
trinquent, des brutes qui prennent leur part de pouvoir, des gosses qui tombent
par terre. C'est une guerre. Un truc qui dure. Un truc qui fait mal. Un truc
bien crade, bien moche. Ce n'est pas une balade de santé programmée une fois
par mois sur un parcours balisé par des cordons de CRS et que l'on regarde
ensuite dans la boîte à cons, les fesses solidement calées au fond du canapé.
Pas de retour possible. Et un immense sens du sacrifice, du devoir à accomplir.
Au péril de tout ce que l'on aime, même et surtout, de sa propre peau. Tout
risquer aujourd'hui dans l'espoir fou d'un lendemain meilleur dont l'aube se
lèvera sur nos cadavres.&lt;br /&gt;
Ça, c'est la Révolution. Ça et seulement ça, fera dégager ceux qui sont en
train de &lt;a href=&quot;http://www.mouvements.info/un-climat-d-injustice-crise-et.html&quot;&gt;mettre en
péril l'humanité entière pour satisfaire leurs seuls égoïsmes démesurés&lt;/a&gt;.
Parce qu'ils n'ont aucune raison de nous laisser le gâteau et sa garniture
juste si nous leur demandons gentiment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sommes-nous prêts à ça ?&lt;br /&gt;
J'en doute.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=f35848f5-1dc3-8200-b1e5-3802d848e13e&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
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      </item>
    
  <item>
    <title>Nono SarkoDay</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/03/Nono-SarkoDay</link>
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    <pubDate>Sun, 03 Jan 2010 20:37:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Pol-éthique</category>
        <category>discours</category><category>débat</category><category>démocratie</category><category>Internet</category><category>lutte</category><category>politique</category><category>Sarko</category>    
    <description>&lt;p&gt;Une fois n'est pas de coutume, je sors de mon isolationnisme congénital pour
cosigner une déclaration commune issue de l'étrange blogobulle politique. Il
s'agit d'une réponse collective à l'invitation au mouvement politique du
&lt;a href=&quot;http://www.no-sarkozy-day.fr/&quot;&gt;No Sarkozy Day&lt;/a&gt;. Et pour une fois
que je ne suis pas juste d'accord avec ma pantoufle gauche...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Texte :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le No Sarkozy Day est une initiative sincère et spontanée. Nous respectons
la démarche et l’engagement qui ont amené les organisateurs à entreprendre
cette action. Mais, nous blogueurs, nous ne pouvons nous y associer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, Nicolas Sarkozy a été élu. Certes la France de Nicolas
Sarkozy n’est pas une république irréprochable mais nous sommes attachés au
principe démocratique. En tant que Président de la République, il bénéficie de
la légitimité des urnes. Réclamer sa démission, c’est ouvrir une boîte de
Pandore. Nous ne souhaitons pas jouer aux apprentis sorciers. Au contraire,
Nicolas Sarkozy doit rester 5 ans au pouvoir, assumer ses erreurs jusqu’au
bout. Le No Sarkozy Day doit avoir lieu le 7 mai 2012 et pas avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, nous estimons que l’initiative est biaisée dès le départ. Le
problème du « No Sarkozy Day », c’est que le nom de Sarkozy soit
l’unique vecteur de mobilisation. L’antisarkozysme primaire ne fera pas évoluer
les mentalités, elle les confortera. Plutôt que de se focaliser sur l’homme,
nous préférons nous concentrer sur le bilan désastreux de son action politique.
Nous voulons bâtir une véritable alternative politique au sarkozysme qui soit à
la fois construite et argumentée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que cette opération se révélera contre-productive. Nous ne
souhaitons pas être associés à cette initiative lancée sans concertation et qui
relève plus du buzz marketing que de l’action politique. Le risque d’une
instrumentalisation et d’une récupération politique d’un futur fiasco
existe…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les 24 premiers blogs signataires&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&quot;http://laureleforestier.typepad.fr/&quot;&gt;
Laure Leforestier&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/&quot;&gt;
Le Monolecte,&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.bahbycc.com/&quot;&gt;Bah
by CC,&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.levolontaire.fr/&quot;&gt;
Le Volontaire&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://jegpol.blogspot.com/&quot;&gt;
Partageons mon avis&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://sebmusset.blogspot.com/&quot;&gt;
Les jours et l’ennui de Seb Musset&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://peuples.net/&quot;&gt;Peuples&lt;/a&gt;,
&lt;a href=&quot;http://www.intox2007.info/&quot;&gt;
Intox2007.info&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://falconhill.blogspot.com/&quot;&gt;
Falcon Hill&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://disparitus.blogspot.com/&quot;&gt;
Disparitus&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://sarkofrance.blogspot.com/&quot;&gt;
Sarkofrance&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.lepost.fr/perso/back2basics/&quot;&gt;Back2basics&lt;/a&gt;,
&lt;a href=&quot;http://www.guidedesegares.info/&quot;&gt;
Neuromancien&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.edelihan.net/&quot;&gt;Edelihan&lt;/a&gt;,
&lt;a href=&quot;http://heresie.hautetfort.com/&quot;&gt;
l’hérétique&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.marcvasseur.info/des-blogueurs-disent-non-au-no-day-sarkozy/2010/01/&quot;&gt;
Marc Vasseur&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://piratages.wordpress.com/&quot;&gt;Piratages(s)&lt;/a&gt;,&lt;a href=&quot;http://reversus.fr/&quot;&gt;Reversus&lt;/a&gt;,
&lt;a href=&quot;http://www.yann-savidan.com/&quot;&gt;
Yann Savidan,&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.le-pave.com/&quot;&gt;Le
Pavé&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://hypos.over-blog.com/&quot;&gt;
Hypos&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://h16.free.fr/wordpress/&quot;&gt;H16&lt;/a&gt;,
&lt;a href=&quot;http://detoutetderiensurtoutderiendailleurs.blogspot.com/&quot;&gt;
De tout et de rien&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.despasperdus.com/&quot;&gt;
Des pas perdus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.monolecte.fr/post/2010/01/03/Nono-SarkoDay#comment-form</comments>
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    <title>Esprits de fêtes</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2009/12/30/Esprits-de-fetes</link>
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    <pubDate>Wed, 30 Dec 2009 20:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
        <category>bonheur</category><category>chroniques</category><category>consommation</category><category>gastronomie</category><category>humanité</category><category>moment</category><category>voyage</category>    
    <description>&lt;p&gt;Voilà le &lt;em&gt;familylecte&lt;/em&gt; jeté sur les routes, au gré des hasards, un
certain 25 décembre comme tant d'autres.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4227374995/&quot; title=&quot;Être et avoir été de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm3.static.flickr.com/2636/4227374995_47ea3c27cf.jpg&quot; alt=&quot;Être et avoir été&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;334&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Ce n'est un secret pour personne que &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2004/12/26/25-la-treve-des-confiseurs&quot;&gt;j'exècre
tout cet indécent étalage&lt;/a&gt; de bons sentiments et de grosse boustifaille qui
balise la période des fêtes de fin d'année comme autant d'étapes sur un
interminable chemin de croix. Cela dit, il nous a semblé opportun d'aller
passer la soirée de Noël avec Papy Monolecte, lequel se tape les fêtes tout
seul depuis des temps immémoriaux. Après avoir réservé une chambre dans un
hôtel premier prix suffisamment industriel pour ne pas être borgne, nous avons
salué belle-maman et avons entamé notre longue transhumance vers le versant
sud-est de la France, confiant le reste de notre épopée aux bons soins de la
destinée, ce qui est fort aventureux, un jour de fête entre tous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Premier arrêt à &lt;a href=&quot;http://philippe.dufour9.free.fr/canalmidi12.htm&quot;&gt;Port
Lauragais&lt;/a&gt;. C'est bête à dire, mais je suis attachée à cette aire
d'autoroute comme le bagnard à son boulet. Je ne me souviens pas d'un seul
voyage vers l'est qui n'a pas fait étape dans cet étrange endroit qui ressemble
à tout, sauf à une aire d'autoroute. Les jours de grand vent, il faut se battre
avec la portière pour s'extraire de la voiture, le reste du temps, on s'offre
un brushing iroquois pour pas un rond, mais j'aime ça. J'aime me faire
ballotter comme un fétu de paille par les éléments en furie, j'aime me
dégourdir les pattes en faisant claquer les quais en bois sous mon talon
conquérant, j'aime engager la conversation avec les canards du cru, tellement
engraissés par les touristes qu'ils peinent à décoller quand un enfant les
course. La plupart du temps, j'arrive à cet endroit quelque part entre midi et
deux et j'avale sur le pouce un sandwich club vaguement comestible, mais comme
la soirée est incertaine et le lieu propice au temps perdu, on se tente le
restaurant. Rapport qualité/prix extrêmement correct et personnel charmant,
bien que de corvée un jour de Noël, sur une aire d'autoroute habituellement
battue par les vents. Le soleil entre à flots par de grandes baies vitrées où
jouent les reflets ondulants du canal que nous surplombons. Petit moment
lumineux, savoureux et calme, œil de la tempête du bonheur forcené.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la surprise générale, la R25 s'est bien comportée sur l'autoroute : on
n'a pas coulé une bielle, ni crevé un pneu, ni consommé 20 litres aux cent
kilomètres. La grosse berline est un paquebot au long cours qui n'a toujours
pas croisé son iceberg.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Montpellier, place de la Comédie dont on dit qu'elle est la plus belle
d'Europe. Possible. La perspective est bouchée par le marché Noël, lequel est
bien sûr fermé, le jour dit ! On se réfugie aux Trois Grâces, un troquet
dont on comprend rapidement qu'il est très mal nommé. À la table d'à côté, une
vieille dame se fait apostropher âprement par un serveur :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Vous consommez ou vous dégagez ! Vous avez eu assez de temps pour
choisir. Passez votre commande ou dégagez !&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Le gars est agressif et parle suffisamment fort pour que tout le monde en
profite. Je veux bien comprendre la logique du tenancier qui doit rentabiliser
son mètre carré de bistrot à tout prix et toutes les conneries sur la misère du
monde dont il est toujours préférable que ce soit d'autres qui s'en chargent,
mais je ne vois pas la nécessité de se faire les griffes sur la pauvresse et
d'ajouter l'humiliation à sa &lt;em&gt;merditude&lt;/em&gt; quotidienne. Elle finit par
commander un verre de lait chaud qu'il lui balance sur la table avec moins
d'attention qu'il ne le ferait pour un chien. Je n'ai pas le cran de me lever
pour gueuler tout haut ce que je pense tout bas. Je finis par laisser sur la
table de la vieille de quoi se rembourser ce lait à la grimace, arraché par
intimidation et servi avec dédain. Un verre de lait bien cher payé pour avoir
l'insigne privilège de lire le journal au chaud, un jour de Noël.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4229230334/&quot; title=&quot;Les terrasses du port de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm5.static.flickr.com/4006/4229230334_a4634c32fc.jpg&quot; alt=&quot;Les terrasses du port&quot; style=&quot;margin: 0 5px 5px 0; float: left;&quot; height=&quot;388&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;L'heure avance et nos affaires piétinent. La ville est
toujours aussi peu accueillante que dans mes souvenirs. C'est comme ça.
Montpellier et moi, ça n'a jamais collé. J'y ai passé une année de ma vie qui
s'est soldée par le seul épisode dépressif que je n'ai jamais connu. C'est
quelque chose d'inexprimable, c'est dans l'air, dans les gens, une espèce de
froideur et d'incommunicabilité totale. Même monsieur Monolecte a envie de
mettre les bouts.&lt;br /&gt;
On erre un peu au hasard et on échoue à Port Ariane, au milieu de la ville
nouvelle de Lattes. Pas grand espoir d'arranger nos affaires au bord des quais
que grignote déjà la pénombre. On est déjà résigné à la perspective d'un Noël
en famille dans l'un de ces lieux impersonnels qui doit être nécessairement
ouvert un soir de Noël, ne serait-ce que pour y nourrir le naufragé de la route
qui n'aurait pas su arriver à temps à bon port.&lt;br /&gt;
Tout au fond, il y a bien un restaurant qui bouge encore, mais c'est parce que
les employés sont en train de desservir le banquet du midi. Je me lance,
attrape une serveuse au vol et me fais aiguiller vers le patron, un gars
étonnamment affable et souriant, vu les circonstances, c'est-à-dire une fin de
service, vers 17 h, le jour de Noël.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Vous servez quand même, ce soir ?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
L'homme a un grand sourire de chat mystérieux. J'ai l'impression qu'il cherche
à lire la quintessence de mon être au fond de ma rétine.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Hummm... oui... oui, on va ouvrir ce soir.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Houla, mais c'est rare un restaurant ouvert ce soir ! Vous avez
déjà des réservations?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Il n'y a pas de problème, ce soir c'est ouvert.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Il n'y aura que nous aux &lt;a href=&quot;http://www.webcity.fr/les-terrasses-du-port-montpellier/lieu&quot;&gt;Terrasses du
Port&lt;/a&gt; pour ce repas de Noël. Et un couple arrivé un peu plus tard et dont je
m'aperçois à l'usage qu'ils sont des familiers de l'endroit. Deux heures
tranquilles entre ciel et mer, un repas de Noël tout à fait inespéré, copieux,
de circonstance, sans être prétentieux. Nous sommes juste bien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la fin du repas, je vais saluer le patron qui boulotte quelques restes sur un
coin de table en compagnie de la serveuse.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Écoutez, vraiment merci pour ce repas. C'était très bien, mais on est
désolés que vous soyez restés ouverts pour nous. Vous n'avez pas dû gagner
votre vie sur ce coup.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Et là, le patron, dans un grand sourire radieux, me donne envie de croire à
nouveau en quelque chose de beau dans ce monde de brutes :&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Vous savez, nous avons très bien gagné notre vie à midi, alors, je me
suis dit que ce soir, on pouvait juste faire plaisir à quelqu'un...&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=43ba1df0-5310-8444-95ba-b6a46ecf54bd&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Popote</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2009/12/23/Popote</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5d7bdba15946e09768f941aacc0c413b</guid>
    <pubDate>Wed, 23 Dec 2009 00:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
        <category>bled</category><category>bonheur</category><category>chroniques</category><category>goût</category><category>moment</category>    
    <description>&lt;p&gt;Parfois, prendre le temps, hors du temps, juste quelques instants fugaces
volés au flux du temps qui passe.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/1069126869/&quot; title=&quot;Traces de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm2.static.flickr.com/1248/1069126869_0a6af528d2.jpg&quot; alt=&quot;Traces&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;375&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Ne
plus se rappeler d'où l'on se connaît, juste le plaisir de se voir, de se
retrouver, comme ça, au débotté, sans intentions particulières, entre deux
trains, entre deux portes, deux inspirations, le temps d'un soupir. Ne même pas
voir l'emprise du temps sur les visages connus et reconnus, plissés d'un grand
sourire franc et sans arrières-pensées. Donner des nouvelles de la famille, du
conjoint, des nains, des collègues, des amis communs. En prendre. S'en foutre
un peu, aussi. Se jeter sur les plats avec un bel enthousiasme de morfales de
retour d'une session &lt;em&gt;Weight Watchers&lt;/em&gt;, engloutir, mastiquer, engouffrer
sans fard, sans manières, un bel appétit rieur en bandoulière.&lt;br /&gt;
Parler de tout et de rien. Surtout de rien. Ne pas avoir besoin de parler.
Savourer les silences comme une bouchée de nourriture supplémentaire. Être
juste présent et rire aux éclats, le temps d'une vanne éculée sur la nouvelle
stagiaire-nichons ou sur les bottes de l'autre.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Comment ça, tu ne sais pas ce que veut dire proposer la botte­­
?&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Non, jamais entendu parler.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Dans l'ancien temps, la femme présentait son pied à l'homme pour qu'il
l'aide à retirer sa botte. En gros, quand tu en arrives là, c'est gagné pour
toi. Tu vois où on va chercher les vieilles expressions quand même.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Comme quoi, on peut être Gascon et piètre escrimeur. Ne manier prestement la
rapière que bien tassée au fond d'un verre. Et resservir promptement une
tournée de &lt;em&gt;Boulaouane&lt;/em&gt; pour faire glisser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Se souvenir de ne pas venir à une popote en bottes. Ni en jupe. D'un autre
côté, se mettre en jupe une fois tous les cinq ans, c'est comme un gimmick, un
aimable petit coup de coude dans les côtes, c'est tendre la perche à la
raillerie facile et amicale, c'est alimenter la réserve à grosses vannes pour
la prochaine fois.&lt;br /&gt;
Paf­­ ! le &lt;em&gt;jaja&lt;/em&gt; revient de son énième tour de table. Ne plus se lever
brusquement pour ne pas risquer de s'étaler alors que la température monte dans
l'alcôve protégée du fracas de monde par ses lourds rideaux et notre totale
insouciance.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ne t'inquiète pas : on ne peut pas aller plus haut que le bord du
verre.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, mais on peut toujours récidiver, façon &lt;em&gt;serial verseur&lt;/em&gt;. Le tajine
se vide, les voix forcissent, les rires se font plus ronds. On a retrouvé nos
marques, nos vieux rôles d'antan, comme on enfile avec aisance et étonnement
d'antiques pelures oubliées sur un dossier de chaise. On s'en fout aussi de la
vie qui nous repasse comme de vieux torchons, qui nous râpe, nous ponce, nous
polit, nous rabote aussi, des fois. Nous avons tous changé. Nous sommes
toujours les mêmes. Exactement comme cette année-là où les hasards de
l'existence nous avaient chahutés d'invraisemblables impasses à d'incroyables
retournements, jusqu'à ce que nos destins s'emmêlent et que la mayonnaise
prenne, que les liens se tricotent et que notre équipe improbable fonctionne à
plein régime. Le temps qu'on reprenne notre route. Et que l'on se perde de vue.
Ou pas.&lt;br /&gt;
Alors, on se retrouve pour un moment, juste le temps de créer cette petite
bulle d'éternité, à l'abri du temps qui passe sans jamais se retourner. Le
patron fait mousser le thé à la menthe dans les petits verres à dorures, les
conversations se bousculent, se chevauchent, pressées par l'échéance qui se
rapproche. Les joues rosies par le vin se croisent, les bises claquent, les
mains s'étreignent, on se promet de se retrouver. Bientôt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et on reprend notre route, pressés et décidés, sans se retourner, mais un grand
sourire radieux plaqué sur les lèvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=24d41e1b-2cdc-806f-8586-dddd132c218d&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>La phrase de l'année!</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2009/12/17/La-phrase-de-l-annee</link>
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    <pubDate>Thu, 17 Dec 2009 09:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Pol-éthique</category>
        <category>catastrophe</category><category>civilisation</category><category>climat</category><category>confiscation démocratique</category><category>discours</category><category>démocratie</category><category>folie</category><category>humanité</category><category>international</category><category>libéralisme</category><category>lutte</category><category>mort</category><category>multinationales</category><category>politique</category><category>société</category><category>violence</category>    
    <description>    &lt;div style=&quot;float: right; margin-left: 10px; margin-bottom: 10px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4191656377/&quot; title=&quot;photo sharing&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm3.static.flickr.com/2721/4191656377_5543eecb58_m.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;border: 2px solid rgb(0, 0, 0);&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;span style=&quot;font-size: 0.9em; margin-top: 0;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4191656377/&quot;&gt;La phrase de
l'année!&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Mise en ligne par &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/people/monolecte/&quot;&gt;Le
Monolecte&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Si le climat était une banque, ils l'auraient déjà sauvé !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo Chavez, &lt;a href=&quot;http://www.prs12.com/spip.php?article11659&quot; rel=&quot;nofollow&quot;&gt;conférence climat de l'ONU à Conpenhague&lt;/a&gt;, 16 décembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;small&gt;no comment&lt;/small&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.monolecte.fr/post/2009/12/17/La-phrase-de-l-annee#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Dématérialisation exponentielle</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2009/12/09/Dematerialisation-exponentielle</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d28ff4387f08d148b2c5c645b34b5f3c</guid>
    <pubDate>Wed, 09 Dec 2009 13:32:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Brouhaha</category>
        <category>ANPE</category><category>bled</category><category>chroniques</category><category>chômeur</category><category>compétition</category><category>entreprise</category><category>Europe</category><category>externalisation</category><category>libéralisme</category><category>société</category><category>travail</category><category>économie</category>    
    <description>&lt;p&gt;Il y a six mois, j'avais serré la main du conducteur offset qui partait
enfin à la retraite. Aujourd'hui, la moitié des machines a disparu, les
étagères à papier sont vides, il reste le patron, l'infographiste et la
typographe.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4171726828/&quot; title=&quot;Imprimerie de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm3.static.flickr.com/2788/4171726828_76ea2fc186.jpg&quot; alt=&quot;Imprimerie&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;334&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Il y a 10 ans, par un de ces étranges concours de circonstances
dont on sourit après coup, je m'étais retrouvée propulsée responsable des
relations avec la chaîne graphique. En fait, je devais cette pseudopromotion à
ma proximité géographique avec l'imprimeur de la feuille de chou de ma boiboite
de l'époque, qui comptait bien s'économiser les frais de transport sur le dos
de ma quasi défunte 205 junior. Je ne connaissais strictement rien à cet
univers et c'est pour cela que je décidais de consacrer une demi-journée à la
découverte de ce métier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je poussais donc la porte de l'atelier où s'affairait une bonne douzaine de
personnes. J'étais immédiatement happée par le fracas des machines qui
débitaient les feuilles de papier imprimé comme si leur vie en dépendait. Des
machines et des hommes. Enfin, pas mal de femmes, aussi. Entre le façonnage,
l'emballage, la mise sous plis, la gestion des commandes, le flashage, toute la
chaîne prépresse, ça en faisait, des petites mains qui se coupaient sauvagement
sur les revers de papier. L'atelier sentait terriblement bon le solvant,
l'encre, l'huile, le métal qui chauffe, et d'autres composés volatils, de
nature à nous tricoter des poumons en dentelle de Calais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand on ne sait rien, la moindre des politesses, c'est de ne pas faire
semblant du contraire, aussi, j'ai demandé au patron s'il pouvait me faire
faire le tour du propriétaire. Même s'il était totalement overbooké (les
imprimeurs sont toujours ovebookés, je pense que cela trône en tête des dix
commandements du bon imprimeur), le patron se fit un plaisir de me piloter dans
son entreprise, de me présenter ses employés, de me montrer ses machines, de
m'expliquer les fondements de l'art typographique. J'ai remarqué, à l'usage,
que la plupart des gens adorent parler de leur métier. Je parle bien du métier
qui n'est pas forcément le travail. Le métier, le bel ouvrage, ce que l'on est
censé faire et que l'on s'applique à faire, avec amour, avec patience, avec
courage, avec pugnacité, parfois, avec passion, souvent. Demander à quelqu'un
de raconter son métier, c'est, le plus souvent, peindre un trait de lumière
dans son regard, effacer les rides du lion qui lui barrent le front, dessiner
un sourire léger sur ses lèvres. L'imprimeur n'échappait pas à cette règle,
constante de ceux qu'une entreprise scélérate ou un encadrement inepte n'a pas
définitivement dégoûtés de cette extrême satisfaction que l'humain peut tirer
de son savoir-faire et de sa capacité à l'exercer. Il m'a décrit avec
précision, avec emportement aussi, ce métier qui était le centre de sa vie
depuis tellement longtemps qu'il faisait, à présent, totalement partie de lui.
Il était d'autant plus ravi de cette intrusion dans son atelier que j'ai
toujours été une auditrice gourmande de ces effusions verbales où les gens
livrent tellement plus d'eux-mêmes qu'ils ne peuvent l'imaginer. J'ai découvert
l'univers des couleurs, le fameux nuancier Pantone, j'ai appris à apprécier les
différentes qualités de papier et à me pâmer dans le velouté sensuel d'un vélin
légèrement gratté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/4171775296/&quot; title=&quot;Heidelberg de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm3.static.flickr.com/2569/4171775296_f59b466b7d.jpg&quot; alt=&quot;Heidelberg&quot; style=&quot;margin: 0 5px 5px 0; float: left;&quot; height=&quot;334&quot; width=&quot;500&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Hier, sur le chemin au bled-en-chef, je suis passée devant
l'imprimerie. Un énorme semi-remorque en barrait l'entrée et, de ses entrailles
exposées à la vue des passants, un éclat de plastique et de métal a accroché
mon regard. C'était la dernière machine qui partait, emmaillotée dans une
débauche de film plastique comme une mauvaise côtelette à l'étal du
supermarché. Quelques jours plus tôt, je l'avais vue à l'œuvre, vaillante, dans
l'atelier aux trois quarts vides, en train de débiter des enveloppes au
kilomètre. À côté d'elle veillait la typographe, l'air un peu fatigué ou
absent. Elle part à la fin du mois. Terminée, lessivée, merci, au revoir et
bonne chance. C'est sûr que de la chance, il va lui en falloir. Typographe.
Encore un métier mort. On lui a bien proposé de suivre la machine, un peu plus
loin, à 50 km. Mais pour quoi faire ? Tenir quelques mois de
plus ? Le gros des troupes part vers l'Est, là où les salariés sont
toujours moins chers. Encore que les Roumains, qui tenaient le haut du pavé de
l'impression à bas coût, il y a encore deux ou trois ans, sont en train de se
faire doubler par les Malgaches. Ha, les Malgaches ! Les Malgaches et leur
PIB de sous RSAstes ! Les Malgaches et leur misère sordide qui devrait
permettre de les essorer quelques bonnes années avant que l'on doive chercher
ailleurs. Encore moins cher. Encore plus miséreux.&lt;br /&gt;
Là où virevoltaient une douzaine de personnes il y a encore peu, il ne reste
plus que quelques machines en instance de départ, des chutes de papier que
nulle encre ne fera plus chatoyer, trois personnes un peu perdues, le cul entre
deux chaises, déjà dans la perspective d'un très hypothétique reclassement
professionnel, un grand silence pesant et la poussière qui, déjà, reprend ses
droits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nulle nostalgie mal placée dans mon regard ému. Je ne suis pas le Jean-Pierre
Pernaut des innombrables métiers sacrifiés à l'autel du progrès capitaliste qui
s'essuie les crampons sur la face de ceux qui pensaient le servir. C'est juste
que, comme lorsque &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2007/09/24/Negation-de-lhomme&quot;&gt;je parlais du
monsieur Antar de mon enfance&lt;/a&gt;, je ne peux que raconter l'immonde vacuum
productiviste qui avale les gens, toujours plus de gens, et qui ne laisse que
du vide derrière lui. Toujours la même question lancinante : où sont
recrachés les gens ? Tous &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2005/01/06/33-le-mythe-de-sisyphe&quot;&gt;ces gens qui
disparaissent&lt;/a&gt; chaque jour ? &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/11/23/Du-c%C3%B4t%C3%A9-de-chez-Paul&quot;&gt;J'ai
bien une petite idée&lt;/a&gt; et je ne la trouve pas plaisante du tout.&lt;br /&gt;
Qu'on ne se trompe pas de débat : le progrès technique qui affranchit les
hommes du sale boulot pour leur ouvrir des activités plus saines et plus
stimulantes ? Je marche à fond pour lui. Des siècles de labeur acharné pour
trouver le moyen de bosser moins tout en satisfaisant plus de besoins ? Je
signe des deux mains. C'est juste qu'on a un peu oublié le volet sociétal dans
l'affaire car, comme le disait la SNCF dans des temps plus humanistes, &lt;q&gt;le
progrès ne vaut que s'il est partagé par tous&lt;/q&gt;. Au lieu de cela, nul partage
avec ceux que la technique et le management inhumain ont dégagés de la sphère
laborieuse. Les victimes d'un système stupide qui marche sur la tête doivent
expier et se contenter de vivre avec moins que le minimum vital.&lt;br /&gt;
Absurdité absolue et intenable, même à court terme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À la fin du mois, l'imprimerie déménagera dans des locaux plus conformes à son
nouveau statut. Il ne restera plus que le patron et l'infographiste. Elle fera
la mise en page et il transmettra à l'imprimeur qui propose le meilleur prix.
Concurrent direct.&lt;br /&gt;
Mais avec un meilleur carnet d'adresses que moi.&lt;br /&gt;
Loi de la jungle.&lt;br /&gt;
Faut que je change de boulot.&lt;br /&gt;
Encore.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Ce qui va me manquer le plus&lt;/q&gt;, dis-je au patron, &lt;q&gt;c'est la
délicieuse odeur de l'encre fraîche.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Il me jette un regard de bête blessée.&lt;br /&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;q&gt;Et moi ? Est-ce que ça ne va pas me manquer ? Ça fait 45 ans
que je respire cette odeur. Je n'ai rien fait d'autre depuis que j'ai 15
ans.&lt;/q&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Sa voix déraille quelque peu, ses épaules s'affaissent. Je le regarde
s'éloigner rapidement, le cœur en écharpe. Dernier survivant d'un monde en
mutation frénétique qui démolit tout sur son passage, y compris les plus belles
passions, les plus belles carrières, les plus belles histoires de vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Du coup, j'ai sorti mon Pentax de mon sac et comme un archéologue de l'image,
j'ai commencé à méthodiquement archiver ce métier d'un temps révolu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=e8269742-5832-8c58-b1c3-cb0167720c22&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.monolecte.fr/post/2009/12/09/Dematerialisation-exponentielle#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ça sent le sapin!</title>
    <link>http://blog.monolecte.fr/post/2009/11/29/Ca-sent-le-sapin</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6de91e9bfd0086a3aec313472ada294b</guid>
    <pubDate>Sun, 29 Nov 2009 16:40:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Agnès Maillard</dc:creator>
        <category>Le Monolecte expliqué aux enfants</category>
        <category>bouquin</category><category>chroniques</category><category>consommation</category><category>marchand</category><category>marketing</category><category>publicité</category>    
    <description>&lt;p&gt;Tout vient à point à qui sait attendre, mais depuis plus d'un mois que je
rongeais mon frein, j'ai bien cru ne jamais voir le bout de ma première grande
aventure éditoriale.&lt;/p&gt;    &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/monolecte/3984293540/&quot; title=&quot;Portrait officiel du Monolecte de Le Monolecte, sur Flickr&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://farm3.static.flickr.com/2507/3984293540_d4ff63f14a_m.jpg&quot; alt=&quot;Portrait officiel du Monolecte&quot; style=&quot;margin: 0 0 5px 5px; float: right;&quot; height=&quot;240&quot; width=&quot;161&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Il m'en aura fallu du boulot pour sortir ce
premier opus des &lt;a href=&quot;http://www.lulu.com/content/livre-%C3%A0-couverture-souple/les-chroniques-du-monolecte-le-syndrome-du-poisson-rouge/7606096&quot;&gt;
&lt;em&gt;Chroniques du Monolecte&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; sur papier. Du boulot et des
encouragements, de mes amis, de mes proches. Du boulot et des coups de main, de
sacrés coups de main, tous bénévoles, en plus. Déjà, il y a &lt;a href=&quot;http://blog.monolecte.fr/post/2009/11/10/Le-syndrome-du-poisson-rouge&quot;&gt;la
couverture&lt;/a&gt;, dont l'illustration a été fort gracieusement créée par &lt;a href=&quot;http://www.virtual-lands-3d.com/&quot;&gt;©Olivier Ffrench&lt;/a&gt; qui allie le
savoir-faire numérique avec l'imagination artistique. Ensuite, il y a la photo
de quatrième de couverture, un portrait sur lequel &lt;a href=&quot;http://www.eric-despin.book.fr&quot;&gt;©Éric Despin&lt;/a&gt; s'est bien pris la tête pour
parvenir à un résultat probant malgré un modèle peu coopératif. Il faut
m'imaginer en talons, petite jupe et décolleté — que certains ont laissé
entendre très plongeant — écrasée par une migraine atroce, en train de sourire
comme un barracuda sous amphétamines, dans un studio qui s'était franchement
frigorifié avec l'arrivée de l'automne. Le tout pendant trois heures. Avec des
coupures rushe où je dois me regarder à en oublier mon propre reflet. Bien de
la patience, Éric !&lt;br /&gt;
Enfin, il y a eu John, qui me lit et me corrige en ligne depuis bien des mois
et qui s'est cogné la relecture attentive des 440 pages du projet. Je peux vous
le dire pour avoir une bonne demi-douzaine de relectures du bousin à mon
actif : c'est éprouvant. Et c'est pénible. Et c'est interminable. Et...
c'est chiant ! Affreusement chiant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En fait, &lt;a href=&quot;http://www.lulu.com/content/livre-%C3%A0-couverture-souple/les-chroniques-du-monolecte-le-syndrome-du-poisson-rouge/7606096&quot;&gt;
&lt;em&gt;Le Syndrome du poisson rouge&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; était prêt depuis un mois. Un mois
pendant lequel j'ai attendu mon numéro ISBN de l'AFNIL. Bon, là, tout va bien,
j'en ai eu dix pour le même prix. Parce que ce n'est jamais que la Saison 1...,
j'ai plein d'autres choses sous le coude. Des projets, des envies, des idées.
Mais bon, ça dépendra aussi un peu de l'accueil que vous allez faire à ce
livre. La balle est dans votre camp.&lt;br /&gt;
Noël approche.&lt;br /&gt;
C'est le moment de &lt;a href=&quot;http://www.lulu.com/content/livre-%C3%83%C2%A0-couverture-souple/les-chroniques-du-monolecte-le-syndrome-du-poisson-rouge/7606096&quot;&gt;
glisser un Monolecte sous le sapin &lt;/a&gt;!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;h3&gt;Critiques au lance-pierre &lt;/h3&gt;
En attendant de vous faire une idée par vous-mêmes, j'ai compilé pour vous les
meilleures critiques de quelques lecteurs illustres, convoqués, à leur corps
défendant, au chevet de mon ouvrage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Je n'ai jamais compris pourquoi Agnès Maillard avait choisi le
&lt;em&gt;aka&lt;/em&gt; de Monolecte. Moi, j'ai choisi dès le &lt;em&gt;beginning&lt;/em&gt; de garder
le mien, et pourtant je n'ai rien à voir avec un pain d'épices.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Claude Van Damme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Un livre à envoyer dans l'espace afin de vérifier s'il conserve sa
gravité.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Claudie Haigneré&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Si j'étais eux, je lui décernerais un prix.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Chantal Nobel&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;25 € c'est un peu cher pour caler une armoire, mais elle le
mérite&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Frédéric Begbeider&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;&lt;em&gt;Yes you did !&lt;/em&gt;&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Barack Obama&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Le prix de la liberté, c'est la vigilance éternelle&lt;/q&gt; &lt;br /&gt;
Thomas Jefferson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Je l'avais bien dit !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Jacques Attali&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Tout un programme&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Martine Aubry&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Tellement bon que ça devrait être interdit&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Daniel Cohn-Bendit&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;De là où je suis, c'est écrit trop petit&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Yann Arthus-Bertrand&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Ne lisez pas ce livre, c'est une
merde !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Baffi&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Du pseudo-journalisme !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Arlette Chabot&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;J'en lis une page tous les matins en chiant
un bon coup&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Siné&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Un crachat islamo-judéophobe d'un des
fleurons de la clique Internet pédonazie&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Philippe Vall&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Ce livre est un faux, je connais
personnellement Le Monolecte et c'est un homme, comme son nom
l'indique&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
BHL&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Une grande source d'inspiration&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
les frères Bogdanoff&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Un livre qui sonne l'heure de
vérité&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
François-Henry de Virieu&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Écrit par une femme délicieuse avec laquelle
j'ai vécu des moments intenses&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
VGE&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Et le café, il se prépare tout
seul?&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Monsieur Monolecte&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;ÉnÔÔÔrme !!!&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Fabrice Luccini&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Quand je lis Le Monolecte, j'ai envie
d'envahir la Hongrie&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Woody Allen&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Casse-toi, pôv' conne !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Nicolas S.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Si Le Monolecte a du talent à revendre,
j'achète&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Pierre Gaillard&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;C'est plus compliqué que ça. les gens le
savent bien, les sondages le prouvent&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Laurence Parisot&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;N'importe quoi !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Claude Allègre&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Il faut considérer ces articles au cas par cas&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Éric Besson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Il faudra mettre en place une nouvelle règlementation sur l'usage du papier
afin de limiter les coupes d'arbres inutiles et nocives pour l'avenir de notre
planète.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Louis Borloo. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Soixante millions de doses de vaccins
anti-Monolecte devraient être disponibles sous huitaine, partout en
France !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Roselyne Bachelot&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;q&gt;Encore une qui a raté une bonne occasion de
respecter son nécessaire devoir de réserve !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Éric Raoult&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;zemanta-pixie&quot;&gt;&lt;img class=&quot;zemanta-pixie-img&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://img.zemanta.com/pixy.gif?x-id=3a7553a5-964f-8596-af0f-09ad2880036f&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p class=&quot;scribefire-powered&quot;&gt;Powered by &lt;a href=&quot;http://www.scribefire.com/&quot;&gt;ScribeFire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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